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canterie de sa cathédrale; il en refuse aux ecclésiastiques de Montpellier; il refuse même au Père Colin, de détacher un Frère au pensionnat de La Seyne pour y tenir une classe de français.

Et quelle délicatesse dans ses rapports avec les autres instituts ! A la date du 11 octobre 1845, le Vicaire Général de l'Archevêque de Lyon croit devoir lui adresser une de­mande en faveur du curé de St Didier-au-Mont-d'Or, qui, se trouvant en désaccord avec des Frères de Saint­-Viateur installés sur sa paroisse, désire leur substituer les Frères Maristes. Le Frère François lui répond :

«Monsieur le Vicaire Général, je vous avoue qu'il me répugne extrêmement de remplacer dans ce poste et sans qu'ils aient été prévenus les bons Frères de Saint-Viateur. Si Monsieur le Curé a à se plaindre de tel ou tel Frère de cette Congrégation, il me semble qu'il lui est facile, en s'adressant à son respectable Supérieur, d'obtenir un changement et une amélioration. En pareil cas, nous fe­rions tout ce qui serait en notre pouvoir pour donner sa­tisfaction à de justes réclamations; mais nous serions pro­fondément peinés que, sans nous prévenir, on mît nos Frères de côté pour en appeler d'autres. Or, ce que je redouterais pour notre Société, vous comprenez, Mon­sieur le Vicaire Général, que je ne puis ni ne dois le faire subir à une autre congrégation qui a tes mêmes intérêts que nous et qui travaille pour le même but.»

Mais, comme il est un chef et un chef responsable, redoutant les pressions qui peuvent être faites sur lui, il prend ses assurances pour l'avenir. Le cas échéant, exi­ge un ordre écrit, qui dégage sa responsabilité et te libère de ses scrupules

«Je vous supplie donc instamment, et par votre entre­mise, Monsieur le Vicaire Général, de ne pas nous obliger, ni à présent ni plus tard, à nous charger du poste en ques­tion. Je vous supplie même à cet égard de ne pas trouver mauvais que pour prendre un engagement quelconque avec Monsieur le Curé de Saint-Didier, j'exige de lui qu'il me présente un ordre formel et absolu émané de la main de Mgr le Cardinal, ordre que Son Eminence voudra bien, je l'espère et je l'en supplie, ne pas nous intimer. »

Dans une circonstance analogue, la même réponse est faite à la Duchesse de Doudeauville à propos de l'école de Montmirail. Même réponse, pour des raisons de «haute convenance», à l'occasion d'une demande exprimée par le curé de Digne.

Dans ses rapports avec tes Frères des Ecoles Chrétien­nes, le Frère François use des mêmes procédés respectueux et délicats. Lorsque l'Evêque d'Autun désire faire passer à Paray Le Monial le noviciat des Frères Maristes installé à Vauban, le Frère François commence par pressentir le Frère Philippe, Supérieur des Frères des Ecoles Chrétiennes, qui était établi à Paray. Il lui représente que l'installation d'un noviciat ne saurait se faire sans l'ad­jonction des écoles, et il lui demande implicitement l'autorisation de les fonder. Le transfert n'eut pas lieu pour des raisons personnelles aux Frères Maristes, mais tout froissement avec les Frères des Ecoles Chrétiennes avait été évité.

A Tournus, appelé une fois encore à remplacer ces mê­mes Religieux, le Frère François exige au préalable une lettre du Frère Philippe. Et quand il fut en possession de cette lettre, il écrivit de nouveau pour le supplier de s'en­tendre avec le curé de Tournus. Il arriva que, grâce à lui, l'entente se fit.

Inversement, lorsque le curé de Charolles manifeste l'intention de substituer sans raison dans sa paroisse des Frères de Bordeaux aux Frères Maristes, le Frère François lui écrit, le 13 septembre 1852, pour refuser avec déféren­ce, mais fermeté: «L'honneur de la religion et la conser­vation des congrégations religieuses y sont également in­téressés . . . Je suis forcé de vous dire, après y avoir mûrement réfléchi, que je ne consentirai jamais à quitter ce poste auquel vous nous avez appelés vous-même. Il n'y aurait qu'un ordre absolu de Monseigneur qui pourrait m'y déterminer, et j'ai la confiance que Sa Grandeur ne nous l'intimera jamais. Le contrat tacite passé entré vous et nous ne peut être cassé tant que nous remplirons nos engagements et que nous les tiendrons. Le briser pour un autre motif et malgré nous me paraîtrait, pour les cir­constances présentes, aussi contraire à la justice et aux véritables intérêts de la religion que fâcheux pour notre Institut. »

C'est ainsi qu'en berger responsable  le Frère François laissait au loin s'égailler ses brebis sans jamais les perdre de vue. C'est ainsi que le Supérieur Général veillait à main­tenir, partout où il les avait délégués, le respect dû à ses Frères et l'intégrité des fonctions pour lesquelles ils s'étaient engagés. Sa paternité s'exerçait de plus près, et avec quelle religieuse sollicitude et avec quelle largesse du cœur, lorsque la retraite annuelle les ramenait au bercail. Alors il leur livrait sans mesure toutes les réserves accu­mulées de ses méditations et de ses

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