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Le 28 mai 1877 fut posée la première pierre de la nou­velle chapelle de l'Hermitage.

Dans la nuit du 28 au 29, le Frère François est atteint d'une attaque d'apoplexie foudroyante accompagnée d'une paralysie du côté droit. Il semblait toucher au terme de sa vie et il avait reçu les derniers sacrements, Mais une ligue incessante de supplications sut le conser­ver à l'affection de ses Frères pour une durée de quatre ans encore : «Ils ont tant prié pour moi, disait le con­valescent, que je ne pouvais pas mourir.»

Il vivait, mais il devait se décharger de l'administra­tion. Cependant, son action restait persistante et féconde. il priait, il souffrait, il donnait le plus haut exemple. La paralysie avait cédé. Il put, dans son journal, écrire ces derniers mots : «Jubilé universel Léon XIII (Semaine Sainte 1878). Jeûne au maigre strict. »

Il fut atteint cruellement dans son cœur par la mort subite du Frère Louis-Marie, survenue le g décembre 1879. Quand on crut pouvoir, avec des ménagements, lui annoncer cette nouvelle, il s'écria: «Ah ! voilà que mes trois Assistants sont au paradis. Il ne me reste plus qu'à aller les rejoindre.

Il devait pourtant coopérer à la nomination du nou­veau Supérieur Général. Il eut la force de se rendre au Chapitre du 7 mars 1880 où il fut entouré de vénération. Ne réalisait-il pas en sa personne tous les chers disparus ? Le 10 mars, le choix des capitulants se porta sur le Frère Nestor. A peine élu, il se jeta aux pieds du Frère Fran­çois pour obtenir sa bénédiction. Très ému, et lui-même à genoux, ce dernier lui dit : «Que Jésus, Marie et Joseph vous accordent de conserver et de développer par une douce fermeté la piété et la régularité dans notre Société dont vous devenez le chef. »

Toujours souffrant, mais toujours debout, le Frère François restait ponctuel à tous les exercices. Aussi bien, le 22 janvier 1881 on s'étonna de son absence à l'adoration du Saint Sacrement, qui se fait à onze heures et demie. Il venait d'être atteint d'une nouvelle attaque d'apoplexie.

Lorsque l'on courut à sa chambre, on le trouva à ge­noux, la tête appuyée contre son lit. Il avait été frappé dans l'attitude de la prière. Mais, cette fois, les supplica­tions ne purent le garder à la terre. L'extrême-onction reçue, il mourut le même jour à six heures du soir. C'était encore un samedi.

A l'Hermitage et dans toute la Congrégation, le deuil fut immense. Parmi le peuple, une seule parole courait de bouche en bouche: «C'est un saint qui vient de mourir. »

Son corps, exposé au parloir, fut placé sur une couche funèbre toute blanche, ceinte d'une large guirlande de fleurs. Et aussitôt commença le défilé affectueux de la po­pulation. Le Frère Pierre-Paul, qui était présent, nous assure que jamais de sa vie il n'a vu pareille affluence autour d'un cercueil. Et les visiteurs ne se contentaient pas de prier le défunt comme un saint, il faisait toucher des objets pieux à ses restes. Il fut enseveli sans discours, mais ici, plus que partout, «ce sont les faits qui louent». Le Frère François pouvait se présenter devant Dieu les mains pleines: il avait développé considérablement la Société des Petits Frères de Marie; il lui avait donné deux magnifiques Provinces, celle de St Paul-Trois-Châteaux et celle d'Aubenas; la création de celle de Beaucamps était son oeuvre ; son Institut lui devait ses deux colonnes : la vie civile, par l'autorisation obtenue du Gouvernement, et l'approbation religieuse, par le décret signé de Pie IX. Comme le Père Champagnat, il mérite le titre de Fon­dateur.

Il prit place au cimetière entre son prédécesseur et le Frère Louis. On grava sur la pierre de sa tombe ces deux sentences

« Il fut aimé de Dieu et des hommes; sa mémoire est en bénédiction. »

«Sa sagesse sera louée d'un grand nombre; elle ne tombera jamais dans l'oubli.»

Au commencement du XX° siècle, dans la crainte que pouvaient susciter les lois de l'époque, les restes du Père Champagnat, déclaré Vénérable le 9 août 1896, furent transportés de la chapelle de l'Hermitage, où ils avaient été déposés, à la ferme de Maisonnette, berceau du Frère François. Le double coffret de métal et de noyer fut scellé dans un mur de l'habitation. Ainsi, par un retour émou­vant de reconnaissance, c'était alors le disciple qui don­nait asile à son maître dans la demeure même où ce der­nier l'avait, voici près de cent ans, demandé à ses parents pour le service de Dieu.

Le 20 mars 1924, le précieux coffret fut rapporté à l'Hermitage. A ce moment, un sentiment exquis de gratitude incita les Frères à rapprocher définitivement dans la paix du tombeau ceux qui avaient été si étroite­ment unis au cours de leur vie et qui venaient encore récemment de

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