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Ce qui met, en effet, cette héroïcité au-dessus de tout éloge, c'est que pendant une trentaine d'années elle tut sans éclipse et qu'elle alla toujours croissant. « Heureux ceux qui sont parfaits en leur voie ! »

Celui qui monte ainsi de vertu en vertu a gravi l'échelle de Jacob. II touche le ciel. Il semble alors que le ciel doive, si l'on peut dire, avouer cette ascension en le do­tant des privilèges qu'il est seul à pouvoir dispenser. Le Frère François a-t-il été honoré de ces grâces souve­raines ?

Il est une circonstance de sa vie au cours de laquelle il en fut bénéficiaire. Nous l'avons rapportée dans la vie de Marcellin Champagnat.. Nous n'hésitons pas à la rap­peler ici. Elle nous permet d'apprécier la qualité des liens qui, dans l'au-delà comme sur la terre, continuent d'unir deux hommes si étroitement attachés à une mission com­mune. Une nuit de janvier 1842, le Frère François, que n'arrêtaient ni l'heure ni l'intempérie, s'était rendu de Craponne à Usson. Il neigeait, la bise soufflait en ouragan. Parvenu à la maison des Maristes, le Supérieur frappa à toutes les issues sans pouvoir se faire ouvrir. Sa situation pouvait devenir dangereuse. Epuisé par une marche noc­turne, il risquait de ne pas se faire entendre dans un vil­lage assourdi par le gros temps et de tomber victime du froid. Il lui restait une suprême ressource, celle de prier. II le fit. Et lorsque l'un de ses Religieux, le Frère Camille, vint enfin tirer le verrou, il lui révéla que, dormant au milieu de ses Frères, il avait été réveillé par une main d'une parfaite beauté qui pesait sur son oreiller et par la voix du Père Champagnat qui lui disait : « Lève-toi I Le Frère François est à la porte».

Nous avons déjà mentionné cette inondation mena­çante qu'un geste du Frère François suffit à refouler, ce­lui de présenter son scapulaire à la ruée du flot.

A Saint-Paul-Trois-Châteaux, pour célébrer la clôture d'une retraite, on avait édifié un trône à la Vierge et rap­pelé par un grand appareil les circonstances dans les­quelles s'était présentée la Médaille Miraculeuse. Tout à coup, un incendie se déclare et prend de telles proportions qu'il peut être catastrophique. Mais, tout à coup aussi, le feu cesse à la prière du Frère François. Toutefois, ce fait présenté par quelques auteurs n'est pas confirmé par tous.

Son intervention surnaturelle s'est manifestée plusieurs fois sur sa tombe, soit en faveur de tel Frère blessé à la jambe ou souffrant des yeux, soit en faveur d'une malade dont nous aurons plus loin à préciser l'histoire. Un petit Calabrais, Joseph Forchino, atteint d'une fièvre si aiguë que la mort semblait imminente, se trouva guéri dès que fut achevée une neuvaine de prières adressées au Frère François.

Sur le cas d'un autre Calabrais, Festa Giovanni, en reli­gion Frère Luigi Abramo, le témoignage est direct. Voici ce qu'il écrit

« J'avais de 5 à 6 ans. On nous distribua dans les classes deux pastilles de sulfate de quinine pour réagir contre les fièvres paludéennes. Le camarade qui nous apprenait les éléments de la lecture dans un coin de la classe enfantine dirigée par le C. F. François-Maurice, aujourd'hui défunt, me fit passer douze pastilles. Encouragé par lui, j'en ab­sorbai neuf (trois n'ayant plus le sucre rose qui recou­vrait les autres, je les jetai par la fenêtre). L'effet ne se fit pas attendre : douleur de tête, lourdeur, impuissance à me tenir debout, nausées; aussi ne fis-je aucune atten­tion à la leçon de lecture; même, tournant le dos aux cartes, je m'assis, la tête entre les bras. Quelques minutes plus tard, le Frère m'appelle pour me donner du choco­lat; je fais un pas en dehors du banc et, d'une pirouette, je tombe sans force sur le parquet. Le Frère s'affole, me prend dans ses bras et me transporte au dortoir des petits pendant qu'un autre Frère court en ville chercher un médecin. Celui-ci, après m'avoir observé, déclara tout espoir perdu en disant : « Cet enfant est irrémédiablement empoisonné, il en a pour une heure, le dénouement est fatal», et après avoir fait une injection vers l'estomac, pour la forme, il se retira.

Je pris force vomitifs que me présentait le C. F. An­dré-François, alors infirmier à l'orphelinat; je retins toutes les pastilles. On essaya les clystères, mais vainement. (Ce fait m'a été encore rappelé par la Révérende Mère Maria Paola Celli, Supérieure encore aujourd'hui de l'Orpheli­nat des filles de Polistena.)

Voilà mes souvenirs. J'ai su par la suite que ma gué­rison était due au R. F. François. Mais, sur ce point, vous aurez de précieux renseignements par le C. F. André­-Marius, témoin du fait, et par les autres Frères de Polis­tena.

Puissent ces quelques lignes augmenter en ceux qui les liront la confiance et la dévotion envers le serviteur de Dieu à qui je dois la vie et la vocation religieuse.

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