X hits on this document

188 views

0 shares

0 downloads

0 comments

44 / 55

time, leur approbation et leurs louanges, qui désirerait des emplois honorables, qui voudrait être considéré, qui craindrait les humiliations et les réprimandes et qui ne pourrait se souffrir dans les occupations basses et dans un établissement pauvre ou difficile ? Si nous étions dans ces sentiments, nous ne serions pas les enfants de la plus humble de toutes les créatures. »

A la joie qui embrasa le monde chrétien, lorsque Pie IX proclama le dogme de l'Immaculée Conception, il associe toute sa Communauté. Le 2 février 1855, il com­mente «un événement. que béniront tous les siècles » en exaltant d'abord la puissance spirituelle de la Papauté

« Où donc retrouver, s'écrie-t-il, une pareille puissance Auprès d'elle qu'était-ce que la souveraineté de Rome païenne ? A-t-elle jamais pu comme Rome chrétienne commander à la pensée, dominer les âmes et envelopper l'univers tout entier dans le bienfaisant réseau de son autorité ? » Mais quand il en vient à la Vierge, c'est une effusion de pure tendresse : « Tout ce qui tient en effet à la dévotion à Marie est délicieux au cœur et répand le baume de la consolation et de la paix sur tout le cours de notre vie. C'est l'enfant qui va à sa mère, c'est la mère qui reçoit son enfant. Dieu, en préservant Marie de la moindre tache, de la moindre espèce de péché, en glori­fiant Marie conçue sans péché, nous apprend qu'il n'y a de vrai bien que la grâce puisque, voulant distinguer sa Mère sur toutes les créatures, il l'enrichit avant tout d'une grâce, d'une pureté parfaites; qu'il n'y a de vrai mal aussi que le péché, que le péché seul lui déplaît et que tous les autres maux de la vie sans le péché sont plutôt des biens que des maux, puisqu'en préservant Marie de tout péché et de l'ombre même du péché, Dieu ne l'a pas exemptée des peines, des douleurs ni des autres misères de la vie. »

Il revient sur ces peines dans la circulaire du 8 décem­bre 1857 sur «la bonté de Dieu », et il en tire argument pour ses Religieux. «Dieu, en appelant Marie à l'honneur de la maternité divine, l'a appelée en même temps à par­tager avec son divin Fils toutes les humiliations de la crèche â Bethléem, toutes les douleurs de l'exil en Egyp­te, toutes les privations et les travaux de la vie pauvre et cachée à Nazareth; enfin tous les opprobres et tous les tourments de la croix sur le Calvaire. Aussi a-t-il voulu qu'elle donnât son consentement au grand mystère de l'Incarnation avant que l'Esprit-Saint ne formât dans ses chastes entrailles le corps sacré du Verbe fait chair. De même en nous appelant dans la vie religieuse, selon le sentiment des saints, à la triple couronne de la virginité, de l'apostolat et du martyre, il nous a appelés à toutes les privations, à tous les travaux et à tous les sacrifices dont elle doit être le prix. Aussi, nous a-t-il été donné, comme à Marie, de mesurer nos sacrifices aux promesses qui nous ont été faites et d'accepter librement la rigueur passagère de l'épreuve pour nous assurer les richesses éternelles de la récompense. »

Une circulaire du 2 février 1858 lui offre encore une occasion de rapprocher la condition des Petits Frères de Marie de celle de la Sainte Vierge et d'exprimer une fois de plus sa reconnaissance inlassable : « En toute occasion, par une attention continuelle de sa bonté, Marie nous a doublement assistés, et en éloignant de la Communauté le luxe et le superflu, et en ne la laissant jamais manquer du nécessaire. A Dieu ne plaise que nous rappelions ici les bienfaits de Marie pour nous y complaire d'une ma­nière humaine et en tirer vanité. C'est au contraire pour lui renvoyer la gloire, et par elle à son divin Fils, de tout ce qui s'est fait de bien parmi nous. »

Dévotion â saint Joseph, dévotion aux saints Anges, dévotion aux Ames du Purgatoire, en est-il une à laquelle le Frère François soit resté étranger ? Mais il les résumait dans ce jaillissement de l'âme : «Tout à la plus grande gloire de Dieu et à l'honneur de l'auguste Marie ! »

*

*   *

Comme on le voit, le Frère François faisait descendre toute lumière et toute grâce de la Vierge au chef étoilé. Elle était aussi l'auxiliaire de cette force qu'il puisait dans sa Règle.

Ceux qui lui survivent et qui peuvent encore nous parler de lui, le Frère Stanislas Kostka, le Frère Acatius, conservent le souvenir d'un Religieux particulièrement attaché à cette Règle. Des expressions à peine différentes traduisent chez eux la même admiration.

A l'occasion de la retraite de 1854, le Frère François écrit dans ses cahiers : « Toute la vie d'un chrétien consiste à prier, à travailler et à souffrir ... Un point de Règle observé est un échelon, un degré qui me rapproche du ciel. Un point de Règle manqué est un échelon qui me rapproche de l'enfer, un pas en descendant. »

De ces pas régressifs, nous ne voyons point que l'au­teur de ces lignes en ait faits. Cette Règle, dont la codi­fication était en grande partie son oeuvre, il faisait plus que la pratiquer, il

Document info
Document views188
Page views190
Page last viewedSun Dec 11 02:31:37 UTC 2016
Pages55
Paragraphs574
Words41963

Comments