X hits on this document

144 views

0 shares

0 downloads

0 comments

5 / 55

Officiellement vouée au Sacré-Cœur, cette commune rurale qui compte quelque neuf cents habitants a vu naître sur son territoire quatre congrégations

En 1533, les Sœurs de St-Joseph de La Valla. Affiliées, en 1803, aux Sœurs Saint-Joseph de Lyon, elles n'en con­tinuèrent pas moins de prendre l'habit à La Valla. Plusieurs de ces cérémonies, présidées par l'abbé Champa­gnat, portent sa signature.

En 1817, l'Institut des Frères Maristes, fondé par l'ab­bé Champagnat.

En 1841, les Sœurs de la Sainte-Enfance, qui formè­rent une congrégation avec quelques anciennes adjointes des Sœurs de l'Instruction, appelées communément Béates.

En 1924, les Sœurs de Jésus Rédempteur, qui se con­sacrent aux oeuvres post-scolaires et se proposent de col­laborer aux Missions du Niger.

A l'époque où Gabriel Rivat faisait sa première com­munion, l'abbé Champagnat avait donc commencé, de­puis un an, à grouper les premiers adolescents qu'il destinait à être des Frères voués à l'éducation..

Débuts difficiles, sélection prudente, accroissement providentiel dont nous avons énuméré les étapes1. Au temps où nous sommes, le, temps héroïque, l'Institut n'est encore qu'à l'état d'embryon, le futur religieux se dégage avec peine de l'écorce assez fruste dont s'en­veloppent les premiers adeptes. Serait-il prudent de leur adjoindre cette recrue réservée dont les nécessités de la vie paysanne au hameau de. Maisonnette absorbent main­tenant l'existence? Il est bien jeune. Mais le prêtre, qui s'y connaît en âmes, sait aussi quelle avance celle de Ga­briel lui accorde sur les garçons de son âge. Sans plus tarder, le recruteur estime qu'il peut l'affilier au petit troupeau qui se modèle déjà sous sa discipline.

Un jour, qui suivit de près la première communion de Gabriel Rivat, l'abbé Champagnat se rendit à Mai­sonnette. Ce fils qu'ils associaient à la vie de la ferme, il venait demander aux parents de le lui confier pour l'attacher à son oeuvre. Cette oeuvre encore naissante avait pour caution l'ardeur sacerdotale d'un jeune prêtre en qui les fractions d'une paroisse si étendue s'accor­daient à reconnaître un conquérant des âmes. On pou­vait avoir  foi dans un homme dont l'humilité restait constante, la générosité sans limite. Il fallait que le père de Gabriel consentît à perdre en lui un auxiliaire jeune encore, mais sur lequel il pouvait compter. Cependant, nous ne croyons pas qu'il put y avoir entre les parents grand débat pour accéder d'un commun accord à la demande que leur présentait le vicaire. En outre, il est permis de penser que la mère, plus orientée que le père vers une vie surnaturelle, comprit aussi plus vite l'hon­neur qui était fait à son enfant et le gage de salut que lui assurait cet enrôlement parmi les recrues des Petits Frères de Marie. Elle voulut le conduire elle-même à celui qui allait devenir son maître et son chef. Ce fut le 6 mai 1818.

Sur le chemin qui traverse le hameau de Maisonnette, une grande croix de bois a été érigée, face à la maison paternelle de Gabriel Rivat. Un Christ s'en détache, qui continue de regarder l'ouverture de cette ferme par la­quelle s'en fut, un matin illuminé de printemps, une femme recueillie, tenant un enfant par la main.

Où va-t-elle ?

Chez celui qui est venu lui demander son fils ? Pas encore. Quand elle arrivera chez l'abbé Champagnat, ce ne sera que la seconde étape d'une carrière qui doit en compter de si hautes et toutes si rapidement franchies. La première serait pour la Vierge. Une fois déjà, lorsque Gabriel ne comptait encore que cinq ans, nous l'avons vu, elle l'avait conduit a Valfleury pour le vouer à la Reine du Ciel. Il était alors dans son petit âge. Aujourd'hui qu'entré dans l'adolescence, il va faire un pas dé­cisif, elle ne veut pas le laisser partir et disparaître à son regard sans l'avoir, une fois de plus, consacré à celle qui est la Mère entre toutes. Elle s'arrête donc à l'église de La Valla pour y renouveler dans la chapelle de la Sainte Vierge l'acte de consécration déjà prononcé de­vant Notre-Dame de Valfleury.

Ici, près du bouquet de feu brasillant à ses pieds, c'est plus spécialement Notre-Dame du Rosaire qui écoute prier le cœur de la mère et reçoit le don de l'enfant. Un tableau la représenta; aux murs de cette chapelle, et c'est précisément Françoise Boiron qui en a fait hommage. Les Frères Maristes de La Valla conservent aujourd'hui cet insigne témoignage. Oeuvre sans art, exécutée à l'huile par Ravery, un peintre de Saint-Chamond, elle lui avait été demandée par cette pieuse femme et offerte en ex-voto pour remercier la Vierge de lui avoir

1 : Voir, du même auteur, Marcellin Champagnat, édit. Alsatia.

Document info
Document views144
Page views146
Page last viewedSat Dec 03 10:20:12 UTC 2016
Pages55
Paragraphs574
Words41963

Comments