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Parana ; à Fortaleza, dans l'Etat du Céara.

La distribution de ces connaissances plus élevées ap­pelle des maîtres plus savants. Aussi bien, pour répondre à cet appel, dans certaines provinces des Frères Maristes, un Juvénat supérieur développe la formation de l'ado­lescent avant même qu'il ne soit un novice. A un échelon plus élevé, les jeunes Frères qui y sont aptes fréquentent les universités pour y acquérir licence et doctorat. De sorte que la formation d'un jeune Religieux de cette Con­grégation, naguère encore assez brève, peut se poursuivre actuellement sur six, sept, dix, et même en pays étran­ger, quinze années.

Ces grands collèges, cette progression intellectuelle plus intense ne marque-t-elle pas une rupture avec les buts établis par les premiers fondateurs? Ils en marqueraient une si l'esprit de la Congrégation s'était altéré avec l'as­cension intellectuelle des nouveaux Frères. Le miracle est pour eux de s'élever dans ce royaume du plus haut savoir sans rien perdre de leur simplicité première. D'ail­leurs, la vraie science est simple et suffit à garder celui qui la possède de l'orgueil intellectuel. A plus forte rai­son, si ce savant est un Religieux.

L'extension considérable des maisons d'éducation, fon­dées par les Frères Maristes en France et dans les qua­rante-cinq pays sur lesquels s'exerce leur apostolat est une force. Mais c'est en pleine force que peut naître la faiblesse. Si jamais la menace d'une faille venait à se produire, il suffirait aux Petits Frères de Marie de recou­rir aux disciplines que préconise la vie du Frère Fran­çois. Il est l'ornement de sa Congrégation; il pourrait, au besoin, lui rendre l'équilibre. Déjà, ce qui la cimente est la permanence du saint. Celui qui a fait de sa per­sonne et de sa vie un exemple d'unité, nous le croyons à jamais capable de refaire parmi les siens une unité qui risquerait de se perdre.

Champions du Christ, les Frères Maristes continuent d'aller par toute la terre répandre cet Evangile, qui reste à jamais la bonne nouvelle. Ils n'y sont point ces Frères coadjuteurs auxquels la tentation était grande de les as­similer. Pères Maristes, Jésuites, Lazaristes, Assomption­nistes, Oblats de Marie-Immaculée, il est peu de prêtres missionnaires auxquels les Frères Maristes n'aient ap­porté un concours indépendant et fort apprécié. Les Cis­terciens de la Trappe chinoise de Yang-kia-ping, aujour­d'hui incendiée, leur ont même confié la formation de leurs juvénistes. Comme toujours en pays de mission, il leur est arrivé de courir les aventures les plus dangereu­ses : le siège subi en 1900 pendant soixante-trois jours, au Pétang; le périple exécuté en Colombie pendant la guerre des «Mille jours», l'enlèvement en Chine de neuf Frères européens par des brigands qui les gardèrent six semaines en otage, la mort de trois d'entre eux aux îles Salomon, les risques affrontés lors des massacres d'Adana où un Frère sauva quinze cents Arméniens ré­fugiés dans une église qui commençait à brûler. La pal­me du martyre revient à ces cent soixante-douze Frères massacrés au cours de la guerre civile qui vient d'ensan­glanter l'Espagne.

Champions du Christ, ils sont aussi champions de la France. Quel que soit le pays sur lequel ils s'implantent, ils y appliquent ce «Guide des Ecoles », en grande partie l'œuvre du Frère François, qui a fait partout ses preuves et mis en relief l'excellence de nos méthodes culturelles.

Au début, le français était la seule langue parlée dans toutes ces maisons d'éducation. Cependant, au fur et à mesure que l'Institut développait son champ d'action, il a dû s'adapter aux programmes et aux langues des pays sur lesquels s'exerçait son apostolat. De sorte que, au­jourd'hui, tes Frères Maristes enseignent dans le monde une vingtaine de langues. Mais, celle qui l'emporte sur les autres, celle qu'ils s'efforcent de faire pénétrer en pays étranger, c'est le français. Qui ne voit d'ailleurs que cette immense expansion a besoin d'une langue com­mune qui se superpose aux autres langues pour assurer jusqu'aux régions les plus lointaines la cohésion indis­pensable au maintien de l'esprit et le respect des instruc­tions données par le Gouvernement Général ? C'est pour­quoi on peut évaluer à des centaines de mille le nombre des personnes qui, grâce aux Frères Maristes, parlent hors de France le français.

C'est au terme de cette étude, où il nous semble avoir été pour le Frère François moins un biographe qu'un secrétaire, que son rôle, aux côtés du Père Champagnat, nous apparaît dans toute sa grandeur et son efficacité. Ce n'est pas quelque ancêtre périmé dont la figure ima­ginaire serait soumise à l'admiration des jeunes. De sa survie surnaturelle descendent en chacun de ses fils les forces actives qui continuent de donner l'impulsion au mouvement mariste. Celui qui avait voulu humblement et affectivement n'être que le grand-père est maintenant le patriarche. Au jour de sa mort, ses descendants se comptaient au nombre de trois mille. Aujourd'hui, nous venons de le voir, ils forment une armée de onze mille hommes au service du Christ. Il n'est presque pas un

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