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pays du globe où ils ne fassent aimer la France et le parler français. Ambassadeurs sans mandat officiel, ils continuent de témoigner pour un peuple dont la mis­sion traditionnelle est celle d'éclairer les âmes et de féconder les esprits. De sorte que les onze mille dont est actuellement composée cette formation mondiale, peu­vent d'un même élan se retourner vers celui qui partage avec le Père Champagnat la gloire de là fondation et re­connaître que, pour durer et continuer, ils n'ont qu'à vivre les consignes qui l'ont fait lui-même immortel.

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A notre tour de ramener nos regards sur ce héros du Christ, pour admirer la concentration de sa vie. Du ha­meau de Maisonnette au couvent de l'Hermitage, la dis­tance n'est pas grande. Le Ban, qui baigne presque le premier, est un ruisseau qui emprunte un sillon à peu près parallèle à celui du Gier, qui traverse le second. Dans l'espace restreint qui sépare ces deux vallons a tenu toute la vie utile du Frère François. Au cours de soixante-treize ans, il ne s'en est éloigné que pour exécuter le mandat supérieur dont l'avait investi la confiance de ses Frères. La stabilité de cette vie vouée à un rayonnement univer­sel est une dernière leçon que nous laisse le premier Gé­néral des Petits Frères de Marie.

Le premier novembre 1917, la cause de béatification du Frère François a été introduite à Rome. Dès la première page de cette supplique, les introducteurs demandent à l'Eglise de ne point séparer dans la vénération des fidèles ceux qui avaient déjà été sur la terre des compagnons de labeur et de sainteté, le Père Champagnat et le Frère François.

Dans la chapelle de l'Hermitage, leurs dépouilles mor­telles s'allongent côte à côte. Au centre de leurs activités les plus ferventes, leurs os las se reposent de leurs lon­gues fatigues. Une fois encore, la place qui leur est as­signée est la plus humble, au fond de la chapelle, près de la porte extérieure. Combien de temps mettront-ils à faire le parcours de quelques mètres qui les sépare à peine de l'autel ? A eux d'intervenir, à Rome d'en déci­der.

Au-dessous de la chapelle, dans une sorte de crypte ouverte au public, leurs reliques conjointes les associent encore dans la même vénération. Là, le prie-Dieu que le Frère a façonné de sa main et l'horloge qui s'est arrêtée à l'heure de sa mort. Là, les vêtements, les objets de toilette, les instruments de chirurgie et les outils de jardinage, l'étui à aiguilles, les modestes ustensiles que réclament la vie de chaque jour. Là, les livres, les carnets, l'image com­mémorative de la première communion. Là surtout, les disciplines, les cilices, les chaînes, les bracelets de fer aux pointes cruelles, les instruments pénitentiels, les armes parlantes des saints ...

Le Père Champagnat, le Frère François, deux âmes consonantes, deux apôtres de la plus haute cause, unis dans la vie, inséparables dans la survie. Un jour viendra. Un jour viendra où il faudra bien, pour être juste, les élever l'un et l'autre sur un seul piédestal.

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