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pertes sont fulgurantes alors qu’elles ne sont pas mesurées du tout dans les indices usuels de performance.

Mais c’est compter les biais de représentation des hedge funds. Les données sur lesquelles reposent ces calculs sont elles-mêmes très incomplètes et biaisées. Les biais proviennent de la divulgation volontaire d’informations (les hedge funds fermés et à performances médiocres n’ont aucun intérêt à communiquer), de la sélection (les bases de données couvrent 2330 hedge funds sur une population de plus de 8000), du survivant (retrait des bases de données des hedge funds qui ont cessé de communiquer). Ces biais se cumulent pour présenter des performances bien plus flatteuses aux yeux des investisseurs qu’elles ne le sont selon les auteurs qui ont cherché à corriger les biais  (Voir tableau 8).

Tableau 8. – Rendements moyens avec ou sans ajustement pour biais de représentation

1994-2003

1995-1999

2000-2002

2003

Tremont HF index : return

without  adjustments Malkiel-Saha 1

11,11

18,16

4,09

15,47

Tremont HF index : return

with adjustments Malkiel-Saha1

2,32

9,37

-4,66

6;72

( Malkiel, B. G./Saha, A. (2005): ”HFs: Risk and Return”, Financial Analysts Journal, Volume 61, Number 6, CFA Institute. (TASS data base).

La situation des investisseurs institutionnels vis-à-vis des hedge funds n’est donc pas confortable. Elle ne leur posait pas beaucoup de problème dans le climat euphorique de la bulle du crédit, de l’immobilier et des Leveraged-Buy-Out (LBO). Mais le réveil est douloureux dans la crise. Car les hedge funds extorquent des commissions extravagantes. 25 % environ des gains sont absorbés par les commissions que les « general partners » s’adjugent et 20 % de ces gains sont des coûts payés aux prime brokers pour l’exécution des transactions et les coûts annexes.

Pour assurer un rendement net de plus de 10 % aux investisseurs institutionnels, les hedge funds doivent réaliser un rendement brut minimum de (11,3/ 1-0,20-0,25)=20,5 %. Cela n’est pas possible sans un effet de levier considérable qui rend les hedge funds vulnérables aux situations de stress. En outre, ce n’est pas possible comme rendement à long terme. La majeure part du rendement vient d’allers et retours dans les marchés sans aucune valeur économique. Il s’ensuit que les hedge funds n’ont pas le comportement qui les fait tenir pour des contrarians par ceux qui les encensent. Il est donc clair que si l’on s’intéresse à la prévention du risque systémique, il faut se pencher sur la structure exorbitante des coûts qui dissipent l’essentiel de l’activité financière au profit d’intermédiaires qui se prennent des commissions au détriment des investisseurs institutionnels, donc des épargnants. La plupart du temps, ce type de market timing n’est pas motivé par un comportement contrarian susceptible de stabiliser les marchés mais par un comportement momentum stratégique exploitant des comportements grégaires sur le marché.

2.

Les hedge funds sont des générateurs de risque systémique

La recherche systématique de rendements absolus au dessus de 20% dans des économies à croissance faible, où les taux d’intérêt obligataires sont autour de 5%, la prime de risque action de 6% et le rendement des actions de 8 à 10%, n’est possible qu’en prenant des risques très importants. Une partie de ces risques vient de l’acquisition d’actifs illiquides, profils de risque très non linéaires et valorisation illusoire, une autre partie vient de leviers

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