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de changer de stratégie, le pouvoir de contrôle de l’investisseur est très affaibli. Pour que la relation soit celle d’une indépendance de moyen du manager toutefois, la seule qui soit une vraie relation principal agent, l’investisseur doit avoir lui-même une stratégie précise sur ce qu’il attend de la gestion alternative dans son portefeuille et doit être capable de sélectionner les managers en fonction de ses objectifs et de conclure un contrat de délégation sur mesure.

L’idée est de rechercher un contrat qui permette aux investisseurs institutionnels de redevenir les principaux. Une fois l’obstacle du choix du partenaire dépassé, l’investisseur à long terme qui traite avec un hedge fund de petite taille a la possibilité de conclure un contrat de coinvestissement qui peut répondre au souci d’une discipline exercée par l’investisseur. De tels contrats peuvent réduire significativement les conflits d’intérêts en réduisant les asymétries d’information dans le jugement sur les opportunités d’investissement. C’est une voie pour réduire les montants de commission qui drainent le profit à l’encontre de l’investisseur en remplaçant les commissions par un partage du profit. Ces contrats sont loin de la pratique actuelle.

Le risque de contrepartie : comment peut-on le réduire ?

Le deuxième type de risque mis en avant dans la cartographie des risques des hedge funds  est celui lié au levier financier procuré par les prime brokers via les marchés dérivés. C’est le risque contrepartie. Les parties précédentes ont mis en exergue l’incohérence des incitations entre les prime brokers et les hedge funds d’abord en raison de la structure de revenus des prime brokers et de l’absence de capital de réserve pour les prêts par dérivés (levier financier des hedge funds). Il en est résulté une réduction des marges initiales qui ne semblait pas être justifiée par une baisse du risque. En conséquence, les prime brokers, contrairement à ce qu’on affirme les tenants de la régulation indirecte entre les hedge funds et les prime brokers, sont fortement incités à ne pas jouer leur rôle de régulateur des hedge funds. Le retour possible du risque sur la contrepartie (banque) révèle le caractère systémique des hedge funds.

La mise en place d’une infrastructure de compensation et règlement pour les produits dérivés négociés sur les marchés de gré à gré permettrait une réduction très importante des positions par la compensation multilatérale (netting) tout en conservant des marchés de gré à gré. Tout ce qui serait du ressort du back office, c’est-à-dire du traitement des transactions se ferait via un mécanisme de règlement centralisé (chambre de compensation). Mais la négociation se ferait toujours de gré à gré –ce qui permettrait aux prime brokers d'engranger les fees. Une solution plus radicale consisterait à imposer des règles sur le capital en fonction des positions (dans l’esprit de Bâle II).

De même, si en principe les activités de prime brokers sont sous la supervision de la SEC, dans les faits, lorsque ces activités se font à l’étranger, elles échappent au superviseur qui ne peut jouer son rôle de régulateur au niveau consolidé. Ces informations seraient pourtant essentielles pour l’accomplissement de leur mission de limiter le risque de liquidité. Enfin, l’argument des mécanismes d’incitation posent également problème lorsqu’il s’agit des régulateurs et des banques. La régulation indirecte par les banques n'est pas efficace car les incitations des banques ne sont pas les mêmes que celles des régulateurs. En effet, les banques ont elles mêmes des activités de hedge funds et elles fournissent des services très lucratifs qui sont essentiels aux hedge funds. Enfin, il faut rappeler que les banques d’investissement américaines ne sont pas concernées par Bâle II et qu’elles ne le seront probablement pas avant quatre ou cinq ans.

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