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Le risque de liquidité

Enfin, le dernier type de risque concerne le risque de liquidité lié aux marchés du crédit structuré. Les hedge funds  en investissant dans les tranches equity (tranches les plus risquées de la titrisation) bénéficie d’un deuxième levier (via l’achat de ABS et CDO qui sont des actifs illiquides financés par une base de capital étroite et donc essentiellement par de la dette liquide). Les hedge funds ne jouent pas le rôle d'absorbeurs de risque. Ce sont des arbitragistes du risque dans les chaînes de crédit structuré. Selon les situations de marché, ils peuvent contribuer à disséminer le risque ou être des maillons fragiles d’une chaîne de contagions. C’est pourquoi les hedge funds sont des transmetteurs de risque systémique au même titre que des banques. Ils sont vulnérables à l’interaction du risque de crédit et du risque de liquidité du fait de leur levier. Ils sont donc vendeurs forcés d’actifs en temps de crise, comportement qui propage la détresse entre les marchés.

De tels risques impliquent une réforme complète du système de crédit titrisé qui concerne à la fois les banques investissement, les agences de notation et les hedge funds.

Cela passe par un changement de modèle des banques qui incite à la connaissance des emprunteurs à faire en sorte que la titrisation ait un intérêt économique comme la capitalisation des véhicules de titrisation et la fermeture de l’arbitrage réglementaire via une réforme de Bâle II qui devrait  annuler cette incitation. De même, les agences de notations devraient revoir leur méthodologie pour les notations de façon à différencier les corporate bonds des produits structurés. La notation à travers le cycle n’a aucune signification pour les actifs tritisés car les risque de crédit et de liquidité sont intrinsèquement imbriqués. Prétendre que  ces deux risques peuvent être séparés est une erreur majeure. Quant aux hegde funds, ils devaient davantage procéder à des divulgations d’informations comme les positions agrégées des hedge funds sur de marchés illiquides aux autorités de régulation ou utiliser des stress tests et divulguer leurs résultats afin que ces derniers puissent mieux gérer le risque de liquidité.

En effet, le risque de liquidité est un risque agrégé qui ne peut être perçu que par les superviseurs. Les autorités de régulation  sont en charge de la stabilité financière. Leur action ne se situe pas au niveau du hedge fund individuel mais au niveau agrégé. L'intérêt des stress tests réside dans le fait qu'ils vont pouvoir faire apparaître l'interaction entre le risque de liquidité et le risque de contrepartie. Ils permettent de prendre en compte la variabilité de la liquidité ou encore la variation des corrélations qui est souvent difficile à modéliser. Ces tests de simulation se font généralement au niveau du hedge fund. En permettant de voir ce qui se passe dans les queues de distribution du risque, ils donnent une indication sur les pertes potentielles qui feront retour sur les banques. Or au niveau individuel, le hedge fund ne peut pas voir le risque systémique (quand il y a concentration et des évènements défavorables). D’où l’importance de la transmission des résultats aux autorités de régulation qui vont pouvoir totaliser les résultats de stress tests et voir s'il y a des déséquilibres des contreparties et donc un risque de liquidité. L'utilisation de stress tests et la divulgation des résultats des stress tests et des analyses des scénarios est une des recommandations qui vont dans le sens d'une amélioration de la gestion du risque de liquidité.

La réglementation doit aller plus loin en matière d’exigences de divulgation

D'autres propositions vont également dans ce sens. La divulgation privée des positions agrégées  de tous les hedge funds sur le marchés clés de la part des prime brokers aux

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