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Cela revient à mettre en place une titrisation de pools d’actifs raisonnablement homogènes et à interdire les multi étages de titrisation en cascade sur des pools de plus en plus hétéroclites dont le risque est impossible à évaluer. Cette normalisation des bases de la titrisation aurait en outre l’avantage de pouvoir la traiter sur des marchés organisés. La titrisation des ABS conçus sur des pools de dettes de haute qualité serait entreprise dans des marchés organisés sous la responsabilité de chambres de compensation et de règlement. La centralisation et la standardisation de ces marchés font que le risque individuel ne peut dégénérer en risque systémique. Tous les contrats sont conclus avec la chambre et donc agrégeables. La compensation multilatérale quotidienne élimine le risque de l’accumulation de positions risquées. Les positions nettes des opérateurs sont « mark-to-market » au quotidien et continuellement provisionnées par des appels de marge. Si un opérateur ne peut les satisfaire, sa position est immédiatement liquidée. Il s’agit donc d’une structuration des marchés financiers qui minimise le risque systémique. Dans le cas où le gré à gré serait conservé pour la négociation des titres, les mécanismes de livraison règlement devraient être centralisés pour permettre la compensation multilatérale et donc le contrôle des positions ouvertes.

Les régulateurs bancaires devraient fermer l’incitation aux arbitrages réglementaires des banques :

Il s’agit de rendre obligatoire la ré intermédiation des conduits et SIV dans les bilans bancaires, obligations de reporting et d’imposer aux banques arrangeuses de conserver au bilan la tranche equity de toutes les titrisations et d’y adosser des provisions en capital conséquentes. A l’heure actuelle les véhicules de titrisation n’ont pas ou très peu de capital, sont complètement opaques et ont une gestion impénétrable. Ce sont les principaux maillons faibles dans la transmission du risque systémique que la crise a mis en évidence. Leurs liens avec les banques sont cachés et ambigus. Si les régulateurs sont sérieux dans leur volonté de remettre en ordre le crédit ils doivent faire cesser ces situations radicalement.

Le monopole des agences de notation requiert un cahier des charges :

On a observé des problèmes très sérieux dans les pratiques des agences. D’une part, les conflits d’intérêt multiples sont exacerbés dans le crédit titrisé. D’autre part, l’extension du modèle de notation des obligations « corporate » aux crédits titrisés est complètement inadéquate. Le risque des CDO les plus complexes ne peut pas être objectivement évalué. Mais le but des agences n’est pas là. Il est d’obtenir le meilleur rating pour vendre les tranches. Le « mark-to-model » des tranches supérieures devient « mark-to-myth », où le mythe de la notation est ajusté aux intérêts des vendeurs. Comme par ailleurs les agences ont été placées au cœur de la régulation du capital bancaire par la grâce du Comité de Bâle sans la moindre contrepartie d’inspection de leurs méthodes ni de responsabilité pour ce qu’elles font, on a abouti à une situation intolérable. Un oligopole privé délivre sans cahier des charges un bien public aussi indispensable au fonctionnement des marchés financiers que la monnaie et cela tout en prétendant n’émettre qu’une opinion parmi d’autres. Cette hypocrisie est évidemment intolérable.

Comment peut-on mettre un terme à l’hypocrisie des agences ?

Le first best est inatteignable tant que l’opinion publique baigne dans la mentalité du pouvoir auto régulateur de la finance. Pourtant le first best consiste à reconnaître que les agences produisent un bien public qui est le standard des marchés financiers, comme la monnaie est le standard de l’économie des biens. Il serait donc logique que les agences soient transformées en agences publiques indépendantes au même titre que les banques centrales. Puisque cette solution est hors d’atteinte et que le statu quo est devenu indéfendable, le second best est que les autorités prudentielles supervisent les agences de manière à recentrer cette profession sur son métier. Mettre la fourniture d’un bien public aux mains d’intérêts privés a toujours été

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