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Martin Geoffroy, “Pour une typologie du nouvel âge” (1999)17

L'écologisme

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Une deuxième valeur sociale du NA, selon Melton, est la conscience écologique des adeptes dont plusieurs perçoivent la Terre comme une déesse sacrée (Gaia). Pour Spangler, l'hypothèse Gaia 22 est l'« ultime écologie », ce que confirme Melton :

La conscience de la fragilité de la Terre est une préoccupation majeure du Nouvel Âge. L'Homme a pris conscience que son bien-être dépend de la santé de la planète. Cette constatation est accentuée par l'hypothèse Gaia qui entrevoit la terre comme un être vivant à part entière. Dans cet ordre d'idées, les adeptes du Nouvel Âge se sentent concernés par les divers problèmes écologiques auxquels fait face la Terre comme la disparition progressive de la couche d'ozone, la destruction de la forêt amazonienne, les rejets industriels, etc. Ceux-ci appuient également les efforts des pacifistes pour éliminer les armes nucléaires qui menacent la survie de l'humanité. En ce qui concerne leur mode d'intervention favori, ils sont partisans de l'approche résumée par la formule : pensée globale, action locale 23.

Selon la typologie du mouvement vert établie par Jean-Guy Vaillancourt 24, les adeptes du NA feraient partie du « plan contre-culturel » écologiste. La vaste majorité de ceux-ci appartiendrait à la catégorie des « contre-culturels individualistes » ou à celle des « contre-culturels communautaires » de la dimension « contre-culture », cette dernière correspondant à la dimension sociale de ma typologie. On en trouve aussi plusieurs dans le « courant socioculturel alternatif » de la dimension « écosocialiste ». Dans un article ultérieur, Vaillancourt 25 dégage les différentes pratiques écologistes reliées au « plan contre-culturel », soit la santé holistique, l'agriculture biologique, l'alimentation naturelle, l'utilisation de produits biodégradables et des énergies douces. Ces pratiques s'inscriraient dans l'optique de la pensée « nouvel-âgiste » qui préconise de vivre en harmonie avec l'environnement. Selon l'auteur, le magazine Guide

22 Selon cette hypothèse énoncée par Lovelock et Margulis, deux scientifiques américains, la Terre est une entité vivante qui s'autorégule et adapte constamment son environnement en fonction de la vie. Voir, à ce sujet, J. E. Lovelock, Gaia : A New Look ai Life on Earth, New York, Oxford University Press, 1979 ; L. Margulis et autres (dir.), Global Ecology : Towards a Science of the Biosphere. Boston, Academic Press, 1989.

23 J. G. Melton, cité dans R. St-Germain, ouvr. cité, p. 12.

24 Jean-Guy Vaillancourt, Essais d'écosociologie, Montréal, Éditions Albert Saint-Martin, 1982, p. 87.

25 Jean-Guy Vaillancourt, « Deux nouveaux mouvements sociaux québécois : le mouvement pour la paix et le mouvement Vert », dans Gérard Daigle et Guy Rocher (dir.), Le Québec enjeu, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1992, pp. 791-807. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

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