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Martin Geoffroy, “Pour une typologie du nouvel âge” (1999)24

en question les savoirs individuels de chaque gnostique, puisqu'ils sont, par définition, subjectifs et relativement personnels. L'auteur qualifie cette connaissance de mythique, moniste et syncrétique par correspondance. La porte d'accès à cette connaissance, c'est l'expérience d'une mystique rationnelle absolue, une autorévélation qui n'a pas besoin d'intermédiaire. Cette autodécouverte du « moi profond » passe souvent par un ou des rites initiatiques qui sont pratiqués en général par des grands maîtres qui ont déjà atteint des niveaux supérieurs de conscience. Mais le but de la connaissance gnostique n'est pas de s'attacher à un gourou, car ce dernier est considéré seulement comme un guide qu'on doit dépasser. D'ailleurs, certains gnostiques du NA n'ont pas besoin de maître ni d'initiation, car les connaissances de la gnose se transmettent rarement par des discours oraux ou des documents écrits, étant plutôt acquises par clairvoyance. Le salut passe donc essentiellement par la connaissance de soi, le retour au soi réel qui est fondamentalement bon. La seule loi du gnostique, c'est celle de l'intérieur. Il rejette toutes les lois extérieures parce qu'elles sont issues du monde matériel, donc fausses. « Est vrai ce qui est expérimenté comme bienfaisant 37. »

C'est dans le courant de la gnose que l'on pourrait aussi classer le néopaganisme, terme sous lequel on regroupe divers cultes, comme les religions animistes, nordiques, le satanisme, et les pratiques de sorcellerie (auxquelles s'adonnent, par exemple, les associations américaines telles que Wicca et The Craft). Selon York 38, il y a de nombreuses similitudes entre le néopaganisme et le NA : la « métaphore féminine », le rituel individuel et la prière affirmative, la réincarnation, l'éthique de la responsabilité individuelle, la croissance personnelle, la perception de la planète comme une entité vivante, la loi de la correspondance, le pluralisme, etc. On dénombre très peu de néopaïens à Montréal, mais ils ont quand même un point de rencontre au magasin Le Mélange magique, situé rue Sainte-Catherine Ouest, un commerce qui vend des livres sur la sorcellerie, la voyance, le tarot, etc., ainsi que divers accessoires pour ces pratiques Par ailleurs, de plus en plus de jeunes femmes du milieu universitaire montréalais portent au cou un pentagramme signalant leur croyance dans le mythe de la « magie blanche ». La plupart de ces jeunes femmes estiment être des sorcières en bonne et due forme.

37 Ibid., p. 261.

38 M. York, ouvr. cité, pp. 146-166.

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