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Martin Geoffroy, “Pour une typologie du nouvel âge” (1999)30

d'intégration de la personne et d'auto-guérison de l'organisme humain soutenu par des interventions énergétiques, physiques, psychiques ou spirituelles 52.

Dans la plupart des thérapies holistes, on insiste sur le potentiel d'autoguérison de l'être humain. Ces thérapies, sans toutefois délaisser le psychologique et le spirituel, s'intéressent davantage aux aspects biologiques de l'être humain, par des interventions centrées le plus souvent sur les éléments physiologiques du corps. La plus populaire des thérapies holistes est, sans conteste, la chiropractie, car 32% des Québécois ont déjà consulté un « chiro 53 ». Elle est aussi, avec la massothérapie et l'acupuncture, celle qui a le plus de crédibilité médicale auprès de la population.

Deux études commandées par l'Ordre des pharmaciens du Québec ont estimé que de 25% à 50% de la population québécoise consommait des produits homéopathiques, ce qui a forcé l'Ordre à établir des normes pour un produit dont l'efficacité n'a pas été encore démontrée de façon scientifique 54 Ainsi, selon un article paru dans L'Actualité en 1995, les laboratoires homéopathiques auraient vendu pour plus de 18 millions de dollars de produits au Québec en 1994 seulement 55.

Selon Damiani, une professionnalisation 56 de la fonction de thérapeute holistique est en cours au Québec depuis quelques années, mais cette dernière rencontrerait de sérieuses résistances de la part du puissant Collège des médecins du Québec. Malgré tout, on compterait déjà une trentaine d'organismes de santé « holistique » reconnus officiellement par l'Office des professions du Québec. Cette reconnaissance passerait souvent par l'approbation tacite de plusieurs médecins et infirmières dont les pratiques quotidiennes s'inspirent des approches holistiques. Le toucher thérapeutique (ou massage d'aura), la visualisation et la réflexologie sont reconnus comme des actes infirmiers par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) depuis 1987. Selon un médecin de l'hôpital Sainte-Justine, à Montréal, de 5% à 10% de ses confrères appliqueraient des méthodes « alternatives » dans l'exercice de leurs fonctions 57.

52 C. Damiani, La médecine douce, ouvr. cité, p. 28.

53 Selon l'enquête Multi Réso, en 1992, le Québec comptait 496 chiropraticiens reconnus par l'Ordre des chiropraticiens du Québec, ce qui dépasse largement le nombre de massothérapeutes et d'acupuncteurs reconnus qui se situe respectivement à 274 et 179 pour le Québec. Bien qu'il y ait plus de massothérapeutes que d'acupuncteurs au Québec, la même enquête indique que l'acupuncture et la massothérapie sont nez à nez en ce qui concerne le pourcentage d'individus qui y ont recours, soit 12%. Viennent ensuite l'homéopathie (7%) et la naturopathie (6%).

54 C. Damiani, La médecine douce, ouvr. cité, p. 128.

55 L. Gendron, « La médecine abracadabra », L'Actualité, vol. 20, no 18, 1995, p. 23-27.

56 Au Québec, c'est en 1982 que s'est constituée la première Fédération des homéopathes kentistes du Québec qui deviendra, en 1985, le Groupe hahnemannien de Montréal.

57 M. De Gramont, Les médecines douces au Québec, Montréal, Québec/Amérique, 1986.

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