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Martin Geoffroy, “Pour une typologie du nouvel âge” (1999)33

Les religions de guérison

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La dernière sous-dimension biopsychologique réunit les « religions de guérison », une expression du sociologue français Dericquebourg 62. Selon lui, ces « religions » sont nées d'une volonté d'apaiser la souffrance humaine et d'employer des moyens non scientifiques dans le traitement des maladies mentales et physiques. Il est intéressant de constater que ces religions pseudo-scientifiques sont en général en opposition avec la tradition religieuse et l'éthique scientifique. J'ajouterais à cette description que, dans le cadre du NA, une « religion de guérison » ne requiert aucune institution formelle, il suffit de prôner la guérison par des moyens spirituels. On peut former une « religion de guérison » uniquement en lisant les livres d'un personnage charismatique et en suivant des cours de croissance personnelle reliés à ceux-ci, sans jamais rencontrer son « gourou virtuel ».

Il existe des formes plus institutionnalisées de « religions de guérison », comme celles qu'a recensées Dericquebourg qui a trouvé des points communs à trois « religions de guérison » pourtant très différentes. L'antoinisme, la science chrétienne et la scientologie ont en commun des structures et des idéologies qui, selon moi, sont à l'origine des valeurs véhiculées aujourd'hui par le mouvement du NA. L'antoinisme, un culte institué en Belgique au début du XXe siècle par Louis Antoine, prône la guérison par la foi, ce qui n'est pas sans rappeler les thèses avancées aujourd'hui par Lise Bourbeau dans le best-seller Écoute ton corps  63. En fait, l'antoinisme fait partie de ces nombreuses « religions de guérison » qui ont vu le jour au début du siècle. Dans les trois groupes étudiés par Dericquebourg, le miracle est devenu un événement ordinaire ; il est possible d'y assister ou même d'y participer tous les jours. La rencontre avec Dieu ne se fera pas au ciel, mais bien sur terre. C'est donc à un enchantement presque immédiat que nous convient ces groupes. La conception d'un salut individuel qui va se réaliser par un travail personnel, que ce soit par la prière ou la thérapie, conduit inévitablement à la conclusion que la guérison des maladies est possible grâce à une régénération, morale ou psychologique, obtenue par l'autosuggestion. Dans les trois groupes, l'accent est mis sur la formation des individus pour que ces derniers puissent appliquer sur eux-mêmes ces techniques. Les connaissances transmises sont souvent puisées dans la culture ambiante, ce qui les rend plus faciles à assimiler pour la plupart des adeptes. Les trois fondateurs de ces groupes

62 R. Dericquebourg, Les religions de guérison, Paris, Cerf/Fides, 1988.

63 L. Bourbeau. Écoute ton corps. Sainte-Marguerite, Éditions E.T.C., 1994.

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