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a.

La mobilisation de la communauté :

Concernant la mobilisation de la communauté en tant qu’acteur du système de santé publique autour des SAA, la majorité des répondants trouvent qu’elle  n’est pas plus difficile que celle concernant les autres volets de la SR. Les SAA font partie intégrante de la SR. Et considérés comme telle, il n’y aura pas beaucoup de résistance.  

Pour quelques répondants, les avortements étant souvent cachés, il peut en résulter une difficulté de  mobilisation de la communauté autour des SAA. La réprobation sociale et religieuse peut compliquer cette mobilisation. En milieu rural, c’est plus difficile car la prise en charge fait défaut. Il y a la nécessité de procéder aux références. Ce qui met la puce à l’oreille de la communauté qui souvent désapprouve. L’un d’entre eux estime “qu’il faut se mettre à 2 niveaux :

1.

l’avortement spontané est considéré comme un accident, ce cas ne pose pas beaucoup de problème ;

2.

s’il est provoqué, il y a réprobation sociale et religieuse : il en découle plus de difficultés pour mobiliser la communauté autour des SAA.

Dans le contexte légal ou une femme mariée a un avortement spontané, pour mobiliser la communauté, on peut passer par le créneau des soins obstétricaux d’urgence (SOU). Dans la deuxième hypothèse, cela devient délicat. Les religions et la société sont très dures vis-à-vis de ce phénomène. Ces faits sont souvent cachés car les parents en ont souvent honte, ce qui peut rendre difficile la mobilisation communautaire. »

Toutefois, les tenants des deux thèses sont unanimes qu’il y a des portes d’entrées pour une mobilisation effective de la communauté. Selon un des répondants ayant reconnu la lourdeur des contraintes socioculturelles et religieuses, “il faut tenter quelque chose en profitant de la loi sur la SR qui fait tomber des tabous. Les religieux en parlent peu à peu.” Pour lui, une porte d’entrée est d’accepter d’abord d’en parler. Et pour ce faire, il faut motiver les gens et les outiller pour en parler.

Comme porte d’entrée pour impliquer la communauté dans les SAA un cadre idéal est constitué par la lutte contre la mortalité maternelle à travers le programme de maternité sans risque. Il a été proposé de faire la jonction entre les structures de PF et celles d’urgences obstétricaux, en impliquant les ONG qui pourraient faciliter la mobilisation de la communauté.  “Si la communauté est suffisamment sensibilisée, elle pourrait contourner les comérages et orienter les femmes vers les structures spécialisées et/ou prévenir par la PF et la sensibilisation de ses membres.

Une autre proposition consiste à identifier au sein des ONG et des structures sanitaires des ressources pour constituer des groupes de formation de membres de groupements féminins qui seront par la suite des relais. « JH.PIEGO et PRISM sont déjà à Kérouani (zone rurale réputée traditionnaliste). Il y a eu deux faits significatifs dans cette zone : dépôt du couteau de l’exciseuse et introduction des SAA.   ». Autrement dit, si ces communautés très fortement traditionnalistes ont abandonné l’excision, il y a de fortes chances que les SAA soient accueillis positivement. En utilisant l’approche qui a prévalu pour les soins de santé primaires (SSP) en matière de mobilisation et de responsabilisation de la communauté, si elle n’est pas biaisée et les messages clairs, les SAA seront acceptés. JHPIEGO et PRISM se proposent de trouver des modules simplifiés de sensibilisation aux SAA au sein de la communauté.     

Selon un autre répondant, « il y a beaucoup d’opportunités pour la promotion des SAA : les questions de SR sont abordées de manière intégrée et il existe un réseau

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