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la pérennité de ces soins a déjà démarré même si elle n’est pas encore très approfondie. Cette réflexion devrait toucher le cadre institutionnel, la formation systématique, le système de financement des soins après avortement de même qu’une stratégie claire relative à la disponibilité du matériel SAA.

Les répondants ont aussi signalé des insuffisances relatives à la formation, à la mobilisation de la communauté, aux lourdeurs administratives, à l’insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières.

1. L’ampleur du phénomène de l’avortement à risque au Burkina Faso :

L’ampleur du phénomène de l’avortement n’est pas très bien connue au Burkina Faso. Les informations disponibles à ce sujet  sont parcellaires et proviennent souvent d’enquêtes menées en milieu hospitalier avec des échantillons réduits.

Dans l’ouvrage « Les femmes à travers le monde : lois et politiques qui influencent leur vie reproductive » publié par le Centre pour le droit et les politiques en matiere de santé et de reproduction (CRLP) et le Groupe de recherche femmes et lois au Sénégal (GREFELS), figurent des informations sur la prévalence de l’avortement au Burkina Faso. Dans ce document on note que “les cas de recours à l’avortement clandestin sont difficiles à estimer, car les formation sanitaires ne reçoivent que les cas ayant évolué vers des complications”. Citant un rapport de statistiques sanitaires, le document informe qu’en 1994, les formations sanitaires ont enregistré 7123 cas d’avortements dont 234 clandestins.

Deux thèses de médecine fournissent des informations sur le phénomène de l’avortement au Burkina Faso. La première, soutenue par André Yolland KY le 5 octobre 1998, a porté sur l’analyse de 628 cas d’avortement dont 492 spontanés (78,3%) et 136 avortements clandestins, soit 21,7%. 291 de ces cas , soit 46,3% de l’ensemble des avortements ont été admis à la maternité du Centre Hospitalier National (CHN) YO. 197 des avortements admis au CHN, soit 67,7% étaient spontanés et 94 (32,3%) étaient provoqués. Dans les maternités périphériques, 337 avortements, soit 53,7% du total ont été admis. Parmi ces cas, 295 (87,5%) étaient spontanés contre 42 (12,5%) provoqués.   Au cours de la même période, 6179 accouchements ont été effectués dans l’ensemble de ces Centres, ce qui donne un rapport global de :

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1 avortement pour 9,8 accouchements ;

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1 avortement spontané pour 12,5 accouchements ;

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1 avortement provoqué clandestin pour 45,4 accouchements.

Au niveau des centres, ces rapports sont respectivement de :

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1 pour 3,8 au CHN-YO contre 1 pour 15 dans les maternités périphériques ;

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1 pour 5,7 au CHN-YO contre 1 pour 17,1 dans les maternités périphériques ;

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1 pour 11,9 au CHN-YO contre 1 pour 120 dans les maternités périphériques.

La deuxième thèse “Les avortements dans les centres hospitaliers nationaux du Burkina Faso : évaluation de l’impact d’une prise en charge intégrée pour le traitement des complications” qui date de juin 1999 a été soutenue par TAPSOBA Ahmed Sidyalcéré et a porté sur 786 patientes représentant 10, 6% des admissions dans les services de gynéco-obstétrique des deux centres hospitaliers nationaux du Burkina Faso.

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