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330 d’entre elles ont été interrogées lors d’une première phase (analyse situationnelle) et 456 après l’introduction de la prise en charge intégrée.

Les avortements spontanés étaient prédominants lors des deux phases avec respectivement 66,7% des cas de l’analyse situationnelle et 72,3% au cours de l’évaluation.

2. Le contexte juridique de la mise en oeuvre des activités en matière de soins après avortement au Burkina Faso :

Parlant du contexte juridique, ce qui est recherché dans le cadre de cette étude, c’est de savoir dans quelle mesure les dispositions légales et réglementaires relatives à l’avortement influencent et/ou déterminent les attitudes des femmes et filles souffrant des complications liées à ce phénomène quant à la fréquentation des structures sanitaires. Ainsi, différents ouvrages ont-ils été consultés.

Dans l’ouvrage « Les femmes à travers le monde : lois et politiques qui influencent leur vie reproductive » publié par le Centre pour le droit et les politiques en matiere de santé et de reproduction (CRLP) et le Groupe de recherche femmes et lois au Sénégal (GREFELS), il est mentionné que l’avortement, qui n’est pas défini dans le Code pénal burkinabé, est interdit à quelques exceptions près. Selon cette étude, les peines édictées par ce Code vont de un à cinq ans d’emprisonnement et de 300.000 à 1.500.000 francs d’amende pour « quiconque, par aliment, par breuvage, médicaments, manoeuvre, violence ou par tout autre moyen, procure ou tente de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle ait consenti ou non ». Selon l’ouvrage, les peines sont portées de 10 à 20 ans d’emprisonnement si la mort de la femme en résulte.

Le législateur est plus sévère à l’égard de celui qui aide une femme à avorter, que vis-à-vis de la femme ayant recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Dans le deuxième cas, les peines sont moins lourdes. Le Code Pénal prévoit : « Est punie d’un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d’une amende de 150.000 à 600.000 francs, l’IVG ou la tentative, sous réserve des cas prévus dans les articles suivants ».

Toutefois l’article 387 autorise l’avortement thérapeutique, à savoir lorsque la poursuite de la grossesse met en péril la santé de la femme ou lorsqu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. Ces faits doivent être attestés par deux médecins qualifiés.

“En cas de viol ou d’inceste établis, un avortement peut être provoqué avant dix (10) semaines de grossesse (12 semaines d’aménorhée) à la condition que le ministère public établisse la matérialité de « la détresse » de la femme .

Le Code de la Santé publique, en son article 88, dispose que l’avortement provoqué ou IVG est interdit sauf pour causes thérapeutiques. Cependant, note l’auteur de l’étude publiée dans la brochure « Femmes à travers le monde », ce texte est plus restrictif qu’il n’y paraît, dans la mesure où il ne considère comme avortement thérapeutique que celui qui a été « provoqué dans le but de sauver la vie d’une femme menacée par la poursuite d’une grossesse ».

Concernant les conditions requises pour avorter, le Code de la Santé Publique exige l’avis de trois (3) médecins alors que le Code pénal en requiert deux (2).

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