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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)102

Matza (1964, p. 49) présente à 100 jeunes délinquants en institution des illustrations de délits divers : combat avec armes, vol d'auto, vandalisme, vol avec violence, etc. Il demande alors : « Quels seraient vos sentiments à l'égard d'un garçon qui ferait ceci ? » Il découvre alors que seulement 2% des jeunes délinquants interrogés exprimaient une forme quelconque d'approbation des actes illustrés. 40% exprimaient de l'indifférence, 30% une légère désapprobation et 28% de l'indignation. Plus l'infraction présentée était grave, plus nombreux étaient les garçons qui manifestaient de l'indignation. Ces constatations faisaient dire à Matza que les délinquants sont peu engagés, moralement parlant, à l'égard de délits qu'il leur arrive pourtant de commettre 20.

Des informations recueillies à Montréal par le Groupe de recherche sur l'inadaptation juvénile nous permettront d'avoir une idée encore plus précise de la situation. Parmi les données disponibles, il se trouvait deux séries de variables pertinentes : 1. les délits avoués par les écoliers de Montréal, 2. jusqu'à quel point ces écoliers approuvaient ou désapprouvaient ces mêmes délits. Grâce à la collaboration de Louise Biron, il a alors été possible de savoir si, oui ou non, les adolescents étudiés approuvent les délits qu'ils ont eux-mêmes commis. Voici les résultats auxquels on arrive.

Réactions au vol d'adolescents qui, par ailleurs, avaient commis de tels vols

Jusqu'à quel point êtes-vous en accord ou en désaccord avec les adolescents de votre âge qui...

20 En 1974, HINDELANG (p. 377) remettait en question l'analyse de Matza. Il avait, lui aussi, interrogé des délinquants en institution, leur demandant s'ils approuvaient ou non divers délits. 20% des répondants approuvent les combats avec une arme, 20%, les vois d'auto, 18%, les vols simples, 15%, le vandalisme. Les proportions des répondants qui approuvent la délinquance sont effectivement beaucoup plus fortes dans l'échantillon de Hindelang que dans celui de Matza ; il n'en reste pas moins que seule une minorité réagit par l'approbation. J'aurais tendance à croire que ces différences sont dues aux procédures utilisées. On réagit plus négativement devant un acte dont le caractère brutal est mis en relief par une illustration que devant la simple évocation écrite de cet acte.

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