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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)119

toléreront, ils s'abstiendront de réagir. Ils ne pourront et ne voudront pas signifier à leur enfant le caractère inacceptable de l'acte posé.

Poursuivons notre enquête. Elle portera maintenant sur le manque de vigilance des parents de délinquants, phénomène bien connu des criminologues et qui peut être relié à ce qui vient d'être rapporté au paragraphe précédent. Encore une fois, les Glueck ont apporté d'utiles lumières sur le sujet. Ils démontraient, en 1950, que les délinquants se distinguent fortement des non-délinquants par une « supervision inadéquate » de la mère, c'est-à-dire par le fait que celle-ci ne surveille pas les allées et venues de l'enfant et ne se préoccupe pas de ce qu'il fait pendant ses loisirs. Plus récemment Hanna Malewska et Vincent Peyre (1973), lors d'une recherche comparative portant sur des échantillons français et polonais, apportaient les précisions suivantes. « Les parents des délinquants et surtout ceux des "délinquants graves" ne sont pas très attentifs et contrôlent mal les activités de leur enfant. Ils n'ont pas non plus une bonne connaissance de leur vie sociale à l'extérieur de la maison » (p. 89). « Les parents des non-délinquants sont plus présents dans la vie de leur enfant et interviennent plus activement » (p. 91).

La vigilance ou, en l'occurrence, la connaissance qu'ont les parents de l'activité de l'enfant a pu être mesurée par questionnaire et mise en corrélation avec la délinquance révélée. Ainsi, dans la recherche montréalaise déjà citée, les deux questions portant sur ce thème se lisaient ainsi : « Vos parents savent-ils où vous êtes quand vous êtes en dehors de la maison ? » « Vos parents savent-ils avec qui vous êtes quand vous êtes en dehors de la maison ? » Les réponses à ces deux questions varient inversement avec le nombre de délits avoués, ce qui signifie qu'un enfant a tendance à commettre peu de délits quand ses parents se gardent informés de ses allées et venues (Biron, 1974 ; Caplan, 1978 ; Biron et Cusson, 1979). Il faut souligner, entre autres, qu'aux États-Unis Hirschi (1969) et qu'en Angleterre West et Farrington (1973) avaient déjà fait des observations du même ordre.

La plupart des délinquants ont donc vécu avec des adultes peu attentifs et peu soucieux de savoir ce que devenait leur enfant. Livrés à eux-mêmes, profitant de cette liberté octroyée par défaut, ils peuvent consacrer une large part de leurs loisirs àdes escapades

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