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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)122

Une série de variables semblables qui portaient soit sur la réaction des proches, soit sur celle de la communauté étaient, elles aussi, fortement associées à la délinquance future.

Ainsi, une personne exposée à la tentation de voler ou d'agresser peut en être empêchée par le peur de perdre l'estime des gens qu'elle connaît. il ressort clairement des analyses de Tittle qu'on se retiendra de poser un acte, premièrement si on craint de perdre le respect dont on jouit dans son milieu, deuxièmement si dans son entourage, on réprouve des actes comme le vol et la violence, et troisièmement si les pairs risquent d'avoir connaissance de ce délit.

Par ailleurs, Tittle (p. 197) fait une démonstration concluante du fait que la crainte des sanctions informelles (perte du respect de ses proches, crainte d'être découvert par des gens qui réprouveraient l'acte, etc.) a une influence beaucoup plus grande sur les citoyens que la crainte des sanctions formelles (certitude de l'arrestation, sévérité perçue de la peine d'emprisonnement, etc.). Les sanctions qui viennent de nos proches et des membres de notre communauté sont beaucoup plus efficaces pour enrayer le crime que celles que brandit l'État. Tittle (1980, p. 24 1) en conclut que le contrôle social, comme processus général, s'enracine essentiellement dans les sanctions informelles.

La tolérance

Les travaux réalisés par Erickson et Gibbs (1979) sur la tolérance au crime vont dans le même sens. Le point de départ de ces deux chercheurs était l'hypothèse, surprenante au premier abord, selon laquelle plus les membres d'une communauté sont tolérants à l'endroit d'un acte déviant donné, plus cet acte sera ,fréquent dans ce milieu.

Mais, avant de présenter les résultats de cette étude, il importe de préciser ce qu'on entend ici par tolérance. Dans son sens le plus fréquent, ce terme désigne une attitude qui consiste à respecter la liberté d'autrui et à admettre chez lui des attitudes différentes de celles qu'on adopte soi-même. Dans le présent contexte, le mot est utilisé dans le sens plus précis de tolérer le crime, c'est-à-dire de s'abstenir de réagir négativement devant le vol et la violence. De ce point de vue, le

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