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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)139

Le domaine de la morale

Tous ces énoncés gravitent autour du phénomène de l'évaluation. Ils portent, pour être plus précis, sur les jugements négatifs qui émanent soit de notre conscience, soit d'autrui. Si on songe que ces évaluations ne sont pas autre chose que l'idée que nous nous faisons du mal, on peut conclure que la simple idée du mal - celle que nous en avons et celle qu'en ont nos contemporains - contribue à la lutte contre le crime.

Il est clair que nous sommes ici au coeur même du phénomène moral. Il suffit, pour s'en convaincre, d'adopter une définition relativement classique. La morale, en effet, porte sur les comportements en tant qu'ils sont influencés par les notions de bien et de mal.

Mais que savons-nous de cette morale qui agit comme un frein sur nos pulsions criminelles ? Il n'est pas superflu de réfléchir sur cette question.

Stratégies et normes

La conduite morale se distingue-t-elle des autres types de conduites ? Il semble que oui. Le comportement moral s'oppose, en effet, à ce qu'on pourrait appeler la conduite stratégique, c'est-à-dire à l'action qui se présente comme un moyen en vue d'une fin. Nous retrouvons ici un couple classique : d'un côté, l'intérêt, l'utile, l'agréable, l'efficace et de l'autre, la norme, le bien, le devoir, l'obligation, l'idéal. Dans les sciences sociales contemporaines, nous trouvons l'équivalent dans l'opposition entre l'homo oeconomicus, d'une part, être qui tend à maximiser son bien-être et qui décide à la suite d'un calcul de ses coûts et de ses gains, et l'homo sociologicus, d'autre part, qui, comme le souligne Boudon (1979, p. 237), peut décider de faire, non ce qu'il préfère, mais ce que l'habitude ou ses

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