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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)14

vérité absolue. Théorique sans être théoricienne, empirique sans être empiriste, sa réflexion trie les idées sur le crime, et n'en retient que celles qui surnagent. Maurice Cusson ne veut pourtant pas être un chercheur d'or et ne prétend nous offrir aucune solution ; simplement, modestement, quelques idées, des idées simples, qui n'ont pas été encore réfutées.

Voilà pour la démarche. Une telle garantie de rigueur scientifique n'est pas inutile. Mais il ne suffit pas d'abandonner une théorie en contradiction avec les faits. Il faut aussi avoir le courage d'abandonner une théorie qui n'explique pas les faits. À condition, toutefois, de vouloir bien les confronter ensemble. Cette confrontation est une exigence de clarté. Bien plus, elle est le point de départ indispensable à toute nouvelle réflexion dégagée des a priori.

L'obstacle des idées fausses doit être levé. Et, en particulier, l'erreur qui consiste à croire que l'on peut soigner un criminel si l'on ne le punit pas. Maurice Cusson n'est pas seul à lutter contre cette idée, qui fut dominante dans l'ensemble des pays occidentaux, et qui tend aujourd'hui à régresser dans l'opinion. Mais il le fait sans vaine polémique ; avec une précision et une lucidité admirables. L'épreuve des chiffres est comme le jugement de Dieu des doctrines.

Le délinquant n'est pas un malade. C'est un homme qui transgresse la loi. Considérons-le donc comme un homme. Intéressons-nous à son acte. À force de ne considérer que le criminel, on en était venu à oublier le crime. Qu'est-ce qu'un crime ? « Un moyen facile de promouvoir ses intérêts et d'assouvir ses passions. » C'est une tentation à laquelle on ne résiste pas. Un geste qui ignore la morale et les contraintes sociales ; qui échappe à la dissuasion pénale ; qui nie la justice.

Cela signifie-t-il que la morale n'existe plus ? Que la société est coupable ? Qu'il ne sert à rien de punir et que les lois sont injustes ? De nombreux théoriciens n'ont pas hésité à sauter à de telles conclusions. Comment Maurice Cusson démontre-t-il le contraire ?

D'abord, en écoutant les criminels eux-mêmes. À le lire, on serait porté à croire que l'intérêt s'était concentré autour de leur personnalité

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