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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)144

Ces sentiments de repentir s'accompagnent très souvent de toute une série de conduites ayant pour but de démontrer à autrui que l'on reconnaît la légitimité de la règle qu'on vient de violer et qu'on entend rester fidèle à la valeur mise en cause par la faute. C'est ce que Goffman a appelé les activités réparatrices, que l'on peut définir en ces termes : mesures prises par un transgresseur pour indiquer à son entourage que, en dépit de sa faute, il reste attaché à la norme qu'il vient d'enfreindre.

Les principales activités réparatrices sont les justifications et les excuses. Par la justification, l'individu fautif essaie de montrer que, malgré les apparences, il n'a pas vraiment commis de faute. Il pourra, par exemple, protester de son innocence, affirmer qu'il n'avait pas fait exprès, qu'il était en état de légitime défense, qu'il n'avait pas prévu les conséquences de l'acte, qu'il était ivre, qu'il n'avait pas d'intention coupable, etc. Par les excuses, « l'offenseur montre que, s'il est vrai qu'il a voulu offenser, il désavoue maintenant la personne qu'il était, déplore son action, se repent et demande qu'on le laisse être ce qu'il sait désormais qu'il devrait être » (Goffman, 197 1, p. 327). Parmi les excuses, nous trouvons les expressions du regret, du repentir et de l'embarras, l'autocritique et la promesse de s'amender.

Aux justifications et aux excuses, il faut ajouter les réparations proprement dites : la restitution, le remboursement, le dédommagement, la compensation qui sont tous des actes visant à annuler le dommage causé par l'infraction.

De même que le blâme est, pour autrui, un moyen de réaffirmer sa foi dans la règle qui a été violée, de même, l'activité réparatrice est, pour le coupable, un moyen de protester de sa foi dans la règle qu'il a commis l'erreur d'enfreindre ; elle lui permet de démontrer à tous, y compris à lui-même, que sa conduite n'exprime pas sa nature véritable et que sa conscience morale est restée intacte.

La motivation morale

Si on admet que la morale conduit à une subordination de l'intérêt à une valeur, on se heurte à une difficulté mal résolue par les utilitaristes : Qu'est-ce qui peut nous pousser à faire ce qu'on n'a pas

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