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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)162

en vigueur ; dès qu'on est assuré de l'impunité, la conduite risque de réapparaître.

La certitude des peines et la criminalité

Une des hypothèses qui découle de la théorie de la dissuasion est, nous l'avons vu, que la criminalité variera inversement à la certitude des peines. La certitude objective des peines est le risque ou la probabilité d'être puni pour un crime donné. Elle a été mesurée par les chercheurs de trois façons : 1. le nombre d'arrestations par rapport au nombre de délits connus ou 2. le nombre de condamnations par rapport au nombre de délits connus ou 3. le nombre de sentences de prison par rapport au nombre de délits connus.

Depuis dix ou quinze ans, des sociologues et des économistes, utilisant des méthodes de plus en plus précises, ont réalisé un grand nombre de recherches sur la certitude des peines. Celles-ci montrent presque toutes qu'il y a une relation inverse et significative entre la certitude des peines et les taux de criminalité : plus la probabilité d'être arrêté, d'être condamné ou d'être emprisonné est forte dans un territoire donné, plus le taux de criminalité est bas (Gibbs, 1968 ; Tittle, 1969 ; Logan, 1972 ; Enrlich, 1973 ; Tittle et Rowe, 1974 ; Wolpin, 1978). Très rares sont les études dans lesquelles on ne trouve pas de relation significative entre les taux de criminalité et la probabilité d'être arrêté et emprisonné (la recherche de Greenberg et al. 1979, constitue une exception). Les travaux de Wolpin (1978) méritent une mention toute particulière. Au terme d'une étude de l'évolution des taux de criminalité en Angleterre de 1894 à 1967, Wolpin rapporte une baisse constante des taux d'élucidation et des taux d'emprisonnement et une hausse tout aussi constante des taux de criminalité (p. 827). D'autre part, contrairement à une opinion répandue, les crimes contre la personne sont, eux aussi, sensibles aux variations dans la certitude des peines. Un auteur comme Ehrlich (1979, p. 50) va même jusqu'à affirmer que les délits contre la personne ne sont pas moins affectés par les peines que les délits contre les biens. On ne peut qu'être frappé par la constance des résultats : des auteurs utilisant des méthodes différentes, puisant dans des réservoirs de données différents, y compris les sondages de

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