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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)165

Toutes les mesures qui contribuent à accroître les risques d'appréhension font baisser l'activité criminelle. C'est ce qui explique pourquoi il y a moins de cambriolages dans les maisons dont les fenêtres sont fermées, non parce qu'il est impossible d'y entrer, mais parce que cela fait du bruit de briser une fenêtre ou de fracturer une serrure, rendant par le fait même l'opération plus risquée. L'éclairage dans les rues et les sonnettes d'alarme ne sont efficaces que parce qu'elles haussent les risques d'appréhension. Il en est de même de la surveillance des immeubles, des métros et des autres lieux publics (Clarke, 1980). On peut enfin penser qu'il y a plus de crimes dans les villes que dans les villages, en grande partie parce que l'anonymat des grandes villes réduit les risques d'appréhension.

Bref, on peut conclure à l'efficacité préventive de la certitude de l'arrestation : plus sa probabilité est forte, moins les gens commettent de crimes.

La sévérité des peines et la criminalité

Quand on parle de sévérité des peines, il faut distinguer entre sévérité légale, par exemple les peines maximales prévues par le Code, et sévérité réelle, c'est-à-dire les peines effectivement infligées par les tribunaux et que l'on peut mesurer par la durée moyenne de temps passé en prison pour un type de crime donné. C'est naturellement de sévérité réelle qu'il sera ici question.

La plupart des recherches sur la sévérité réelle des peines portaient sur J'effet de la durée des peines de prison sur les taux de criminalité. Dans l'ensemble, on constate qu'il n'y a pas d'association significative entre les taux de criminalité et le temps passé en prison (Blumstein et al., 1978, p. 37). Il existe bien des auteurs, dont Ehrlich (1973), qui trouvent une telle association, mais leurs travaux sont fort discutés. Une exception, cependant, et de taille : l'homicide. La plupart des chercheurs trouvent une corrélation négative et significative entre les taux d'homicide et la durée des peines de prison pour ce crime (Nagin, 1978, p. 111). Gibbs, en 1968, fut un des premiers à rapporter une telle corrélation négative, mais pas très forte, entre les taux d'homicide

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