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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)167

dissuasion générale : une forte probabilité d'être arrêté intimide les délinquants potentiels et les empêche de passer à l'acte. Or, au moins trois autres mécanismes, outre l'intimidation générale, pourraient contribuer à produire le résultat observé.

1. La dissuasion spéciale : comme le risque d'être arrêté est élevé, il y aura un grand nombre de délinquants appréhendés, ce qui pourrait bien avoir un effet de dissuasion spécifique et non générale, lequel conduit tout de même à une baisse de la criminalité.

2. L'effet moral : on pourrait supposer, comme le pensait Durkheim (1893), que la sanction pénale a pour effet, non d'intimider, mais de raffermir l'autorité de la norme violée. Des arrestations nombreuses pourraient démontrer au public, de façon répétée et spectaculaire, l'importance que la société attache aux normes, renforçant par là les convictions morales des citoyens.

3. La neutralisation : dans une juridiction où les probabilités de l'arrestation et de l'emprisonnement sont élevées, les délinquants récidivistes passeront vraisemblablement plus de temps à l'ombre que dans une juridiction ayant un faible degré de certitude des peines. L'accumulation de séjours en prison pendant lesquels des délinquants très actifs sont immobilisés pourrait alors avoir un impact sur le volume global de la criminalité.

Ainsi, tout ce que nous pouvons avancer au terme de ce chapitre, c'est que la certitude de l'arrestation fait baisser la criminalité. Il est impossible d'aller plus loin et de dire par quel processus - dissuasif ou autre - on arrive à ce résultat. Peut-être l'étude de la dissuasion spécifique nous permettra-t-elle d'aller plus loin.

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