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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)179

Nous constatons que, après la probation, les sujets commettent à peu près le même nombre de délits qu'avant : l'effet réducteur est proche de zéro. A l'autre extrême, ils en commettent beaucoup moins après un séjour en institution. L'effet réducteur est modéré après une intervention psycho-éducative en milieu naturel et il est un peu plus fort après le séjour en foyer de groupe, mais tout de même pas aussi grand qu'après l'institutionnalisation. Une tendance surprenante ressort de façon évidente de ces chiffres : plus la mesure appliquée est contraignante, plus la diminution de la délinquance par rapport à son niveau antérieur est forte. Une mesure très bénigne comme la probation n'a aucun effet réducteur, alors que le fait de retirer le délinquant de son milieu est déjà plus efficace, l'efficacité maximale étant réalisée par un placement dans un milieu quasi carcéral.

Murray et Cox ont effectué toute une série de vérifications pour s'assurer que leurs résultats n'étaient contaminés ni par un effet de régression, ni par le phénomène de la maturation et ils ont pu démontrer que l'importante réduction qui a eu lieu après le séjour en institution n'était due ni à la tendance des adolescents à délaisser la délinquance avec l'âge 43, ni à la régression vers la moyenne. Par ailleurs, ils ont écarté la possibilité que la baisse observée soit causée par une évolution des garçons qui seraient devenus plus habiles à échapper à l'arrestation à la suite de l'intervention pénale. Cette position est d'autant plus défendable que Petersilia et al. (1978, p. 36-37) rapportent que, chez les criminels d'habitude, la probabilité de l'arrestation (le rapport entre le nombre de délits rapportés par les délinquants eux-mêmes et le nombre d'arrestations) augmente substantiellement avec l'âge. Quand ils étaient jeunes adultes, ces individus avaient une probabilité d'arrestation de .06 ; devenus adultes, la probabilité montait à .20. Pour des raisons mal connues, les chances des délinquants récidivistes d'échapper à la détection diminuent avec le temps.

De plus, il est clair que l'effet de sélection ne peut expliquer ces résultats. Tout d'abord parce que les sujets étaient comparés à eux-

43 Par la même occasion, ils ont remis en question la thèse selon laquelle, pendant l'adolescence, l'activité délinquante diminue.

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