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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)18

Le crime peut être mis au service de passions très diverses : la cupidité, la jalousie, la colère, le ressentiment, la concupiscence, l'ambition... Vue sous cet angle, la transgression est simplement un moyen parmi d'autres de satisfaire un désir pressant, de résoudre un problème ou d'arriver à ses fins. Cet expédient peut servir les intérêts immédiats de quelqu'un. Si tel est le cas, on peut prétendre que le penchant au crime existe chez l'être humain.

Cet attrait qu'exerce le crime ne surprend pas quand on songe au caractère insatiable des appétits humains. Les désirs de l'homme ne semblent pas comporter de limite. Ses besoins croissent constamment, et plus rapidement que les moyens dont il dispose pour les satisfaire. Si les moyens légitimes font défaut, pourquoi ne pas recourir aux autres ?

La résistance aux tentations

Si les raisons de passer à l'acte sont à ce point nombreuses et puissantes, le crime devrait être un événement fort courant. L'est-il ? Au cours des années 1976-1977-1978, les taux de cambriolage par 100000 habitants étaient de l'ordre de 1400 aux États-Unis et de 1200 au Canada. Les nombres de vols qualifiés pour 100 000 habitants se situaient autour de 190 aux États-Unis et de 85 au Canada. Les mêmes taux concernant les décès par homicide étaient de 9,3 aux États-Unis, de 2,6 au Canada et de 1,0 en France 2. Devant ces quelques chiffres, on peut faire trois remarques : 1. Il se commet trop de crimes. 2. Le crime reste un événement rare. 3. Les variations du volume de la criminalité sont considérables.

1. Quand on juge ces chiffres à l'aune de notre attachement à la vie humaine et à l'inviolabilité du domicile, il est clair que les cambriolages, les vols qualifiés et les homicides sont trop nombreux.

2. L'indignation que provoquent ces agissements ne peut nous faire oublier que le crime reste, malgré tout, un événement rare dans la vie de la plupart des citoyens. Le seul fait que la base de calcul habituelle soit le nombre de crimes par 100 000 habitants devrait suffire à

2 Voir : WALLER (1981, p. 80) et CHESNAIS (1981, p. 41).

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