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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)181

jeunes délinquants fut ainsi bouleversé et remplacé par un vaste éventail de mesures diversifiées. Alors qu'en 1968, pendant une journée typique, on trouvait 833 jeunes en institution et 1610 en libération conditionnelle, en 1974, on en trouvait 132 en centre sécuritaire, 399 en foyer de groupe, 171 en foyer nourricier, 724 dans des programmes non résidentiels (loisirs organisés, activité scolaires, préparation au marché du travail, etc.) et 941 en libération conditionnelle. (Coates, Miller et Ohlin, 1978, p. 30). Dans un sens, l'opération fut un succès. On réussit à faire fonctionner le nouveau système et, surtout, la qualité de vie des foyers de groupe était meilleure que celle des institutions traditionnelles : les jeunes étaient plus satisfaits, le régime était moins punitif, moins autoritaire et moins contraignant et, enfin, il y avait moins de sous-cultures opposées au personnel. Cependant - phénomène dont on n'a pas souvent parlé - le succès fut beaucoup moins évident sur le plan de la récidive. En 1968, avant la réforme, sous un régime dominé par les internats traditionnels, le taux de récidive était de 66% et, en 1974, alors que le nouveau régime était en place, le pourcentage de récidive était monté à 74%, une hausse de 8% significative à .001 (Coates, Miller et Ohlin, 1978, p. 150 à152) 44. Nous sommes donc en présence d'un mouvement massif de libéralisation de tout un réseau de mesures destinées aux jeunes délinquants et quel résultat donne-t-il ? Une légère augmentation de la récidive. Il faut donc envisager sérieusement l'hypothèse que la libéralisation favorise une hausse de la récidive.

3. Interprétation

Les résultats qui viennent d'être présentés sont trop nouveaux et trop peu nombreux pour justifier une attitude formelle. Néanmoins, ils nous autorisent à envisager, à titre d'hypothèse, la possibilité que plus une intervention est contraignante, plus elle fera baisser la délinquance par rapport à son niveau antérieur.

44 Ces chiffres sont d'autant plus fiables qu'ils sont à l'abri de l'effet de sélection. Comme c'est la totalité du réseau qui a changé, il est impossible que les juges placent ailleurs les cas les plus difficiles.

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