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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)182

Mais d'abord comment définir le degré de contrainte ? La recherche de Murray et Cox suggère que l'institution a, un effet réducteur plus grand que le foyer de groupe, Lequel en a un plus grand que l'intervention intensive en milieu naturel et que cette dernière en a un plus grand que la probation. A ceci on peut ajouter qu'il existe au moins une indication qui laisse penser qu'en probation ou en libération conditionnelle les praticiens les plus stricts ont de meilleurs résultats que ceux qui font preuve de plus de tolérance. C'est ce qui fut observé dans la recherche sur le « Spécial intensive parole unit ». Les agents qui prenaient, plus souvent que les autres, la décision de faire incarcérer les ex-détenus qui ne respectaient pas leurs conditions de libération conditionnelle avaient des taux de récidives plus bas que leurs collègues. Martinson (1974, p. 46) qui rapporte ce fait l'attribue à la dissuasion, interprétation qui semble plausible quand on pense à ce qui précède 45.

Les mesures qui viennent d'être invoquées - institution, foyer de groupe, intervention intensive en milieu naturel et probation - peuvent être situées sur un continuum de contrainte dont les éléments constitutifs seraient :

a/ L'ampleur de la prise en charge : l'institution garde ses pensionnaires sous sa tutelle 24 heures par jour, le foyer de groupe pendant une durée que l'on peut très approximativement estimer être de 10 à 16 heures par jour 46 et la probation, pendant à peu près 45 minutes par mois 47.

b/ La rigueur des contrôles et, corrélativement, le quantum de liberté retiré aux sujets : en institution, la réglementation est stricte et omniprésente, la surveillance, constante, les sanctions, sévères ; à l'autre extrême, les règles de la probation ne touchent que quelques secteurs ; la surveillance est, au mieux, épisodique et facile à déjouer,

45 Cette interprétation est d'autant plus vraisemblable qu'elle est souvent admise par les délinquants eux-mêmes. 33% des ex-détenus en libération conditionnelle de l'échantillon de WALLER (1974, p. 124) pensent que la libération conditionnelle exerce sur eux une influence dissuasive.

46 Cette estimation est basée sur le fait que les sujets en foyers de groupe sont généralement à l'école ou au travail pendant la journée.

47 D'après l'estimation présentée par SILBERMAN (1978, p. 335).

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