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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)184

des psycho-éducateurs, si cette condition n'est pas d'abord remplie, il n'y a pas de rééducation possible.

La valeur de cette politique peut se vérifier a contrario. il suffit, dans un établissement qui héberge de véritables délinquants, de lever tous les contrôles. J'ai pu observer, dans quelques centres d'accueil du Québec, ce qui se passe alors. La délinquance continue avec la même virulence que dans la rue. Les pensionnaires les plus forts volent, exploitent et brutalisent les plus faibles. Ils sortent la nuit pour piller les maisons avoisinantes. Il suffit de relire attentivement les classiques de la rééducation (Aichorn, 1935 ; Redl et Wineman, 1964) pour se faire une idée de l'intensité de l'activité antisociale générée par une levée des contrôles. Et il suffit de lire les excellentes descriptions de Polsky (1962) et de Bartollas et al. (1976) pour se rendre compte que l'absence de contrainte fait naître une jungle dominée par les éléments les plus agressifs parmi les détenus.

Les mesures pénales à fort degré de contrainte font donc baisser la récidive non seulement à cause de leur caractère intimidant, mais parce qu'elles font simplement cesser les délits, pendant la durée de l'intervention. Incapable de voler ou d'agresser, le malfaiteur est obligé de chercher autre chose pour passer le temps et pour satisfaire ses désirs. Il aura alors quelques chances de trouver des solutions de rechange à la délinquance : le sport, un hobby, la lecture, le travail viendront à propos combler ce vide. Il n'est pas invraisemblable que, ayant appris à satisfaire ses besoins autrement qu'en transgressant la loi pendant l'intervention pénale, il continue tout simplement de faire la même chose une fois la liberté retrouvée.

La durée des sentences

Il semble bien que le degré de contrainte que comporte une mesure pénale fasse baisser l'activité délictueuse. Ceci pourrait être considéré comme un fait qui milite en faveur de la sévérité des peines. Cependant, dans l'esprit de la plupart des gens, la sévérité se mesure surtout à la durée des sentences d'incarcération. Que savons-nous de l'effet de la durée des peines sur la récidive ?

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