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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)185

Les chercheurs n'ont pu trouver de rapport entre la durée des peines et la récidive. Hood et Sparks (1970, p. 189-190) ont passé en revue plusieurs recherches et ils concluent que les peines de plus d'un an ne donnent pas de meilleurs résultats que les peines d'un an et que les séjours en prison de trois ou quatre mois ne produisent pas de résultats différents de ceux qui durent un ou deux ans. De la même façon, on a trouvé peu de différence entre les taux de récidive de délinquants condamnés à moins de quatre ans et la récidive de ceux qui avaient passé sept ou huit ans en prison. Plus récemment, des auteurs qui utilisaient des méthodes fort sophistiquées, comme Waller (1974, p. 19 1) et Murray et Cox (1979, p. 128), n'ont pas réussi, eux non plus, à discerner une relation entre la durée des sentences et la récidive ultérieure, y compris celle qu'on mesure par la délinquance avant-après.

Cependant, on peut toujours supposer que l'effet de sélection joue pour masquer un éventuel effet dissuasif. Ceci se passerait ainsi : les délinquants qui reçoivent de plus longues sentences ont de plus fortes tendances à récidiver que ceux qui en reçoivent de courtes, mais comme ils sont intimidés, ils récidivent un peu moins avec le résultat que les groupes ne diffèrent pas au bout de la ligne. Or, il existe au moins deux études dans lesquelles l'effet de sélection ne pouvait pas jouer pour des raisons évidentes. Elles ont été rapportées par Fattah (1976) :

« Aux termes de la décision rendue par la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Gideon, l'État de la Floride s'est vu contraint de libérer 1252 prisonniers bien avant l'expiration du délai normal. Il s'agissait d'indigents qui étaient passés en jugement pour délits graves sans bénéficier de l'aide d'un avocat.

« Le "Florida Department of Correction" procéda à une étude sur 110 bénéficiaires de cette libération avant terme et 110 prisonniers libérés à l'expiration de leur peine ; les deux groupes étaient minutieusement jumelés sur le plan des antécédents criminels et d'autres facteurs importants. Aucune de ces personnes ne fit l'objet d'une surveillance par un agent de libération conditionnelle. Vingt-huit mois après leur libération, 13,6% des prisonniers du groupe Gideon avaient repris leur activité criminelle, alors que chez ceux qui avaient entièrement purgé leur peine ce pourcentage s'élevait à 25,4% » (Fattah, 1976, p. 105).

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