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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)186

Fattah ne nous dit pas quelles étaient les longueurs des peines des deux groupes comparés, mais il nous apprend tout de même que les délinquants libérés prématurément récidivaient moins que les autres.

La seconde étude rapportée par Fattah porte sur une réduction générale de la durée des peines :

« En 1958, l'État de Washington prenait la décision de réduire la durée médiane de la détention dans la prison d'État. En trois ans, elle passa de 30 à 20 mois environ, et ce régime est resté en vigueur depuis 1961.

« Le taux de récidive n'a pas sensiblement varié à Washington depuis 1961. Après deux ou trois ans de liberté conditionnelle, les taux d'échecs varient encore légèrement d'une année à l'autre » (Fattah, 1976, p. 105).

Ainsi les travaux qui utilisent comme critère la récidive rejoignent ceux qui utilisent le critère des taux de criminalité : on ne réussit pas à trouver d'association entre la durée des sentences et la délinquance. Cependant toutes ces recherches ne permettent pas de conclure avec assurance. Rares sont les travaux qui ont une méthodologie parfaitement adéquate. Presque toujours, on comparait des peines relativement longues, les plus courtes étant de trois mois. Or, il est très possible que la durée ait une efficacité à l'intérieur des courtes peines. Il est vraisemblable, par exemple, que les peines d'un mois soient nettement plus efficaces que celles d'une semaine. On peut aussi supposer que chez les délinquants récidivistes l'incarcération n'aura d'effet qu'à partir d'une certaine durée. Mais à partir de combien de temps un séjour en prison commence-t-il à être efficace ? Nous n'en savons rien.

Divers indices font subodorer que l'absence de relation entre la durée des peines et la récidive est causée par la sensibilité différentielle aux peines et par l'accoutumance à la prison. Nous verrons plus loin que certains détenus souffrent énormément d'un séjour en prison, alors que d'autres s'en accommodent assez bien. De plus, il semble qu'à la longue certains détenus s'habituent à la vie en prison. Ces phénomènes pourraient très bien être beaucoup plus importants que la durée des peines.

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