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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)187

À supposer que les longues peines de prison ne soient pas plus efficaces que les courtes, comment se fait-il que les juges prononcent si souvent de longues sentences ? On peut penser que l'illusion thérapeutique y soit pour une bonne part. Les juges qui pensent en termes de réhabilitation s'imagineront tout naturelle ment que cela prend beaucoup de temps pour traiter un criminel. A ceci s'ajoutent des considérations qui n'ont rien à voir avec la récidive : la proportionnalité qui pousse les juges à prononcer, pour les meurtres par exemple, de longues peines indépendamment de l'efficacité qu'une telle mesure pourrait avoir, et la neutralisation qui les incite à vouloir empêcher durablement certains criminels dangereux de commettre de nouveaux forfaits.

Les premières interventions pénales

Dans le domaine de la dissuasion spéciale, la recherche sur la certitude des peines qui, pourtant, est si importante dans le secteur de la prévention générale est totalement en friche. Néanmoins, à l'instar du détective qui, au début d'une enquête, doit tenir compte des rares indices qu'il réussit à trouver, nous disposons d'un petit nombre d'indications susceptibles de nous mettre sur la piste d'une hypothèse. Ces informations concernent d'abord l'effet de la première intervention pénale sur les délinquants primaires et, ensuite, l'impact de l'arrestation sur les délinquants récidivistes.

1. Les délinquants primaires

Environ la moitié des individus identifiés comme délinquants lors des recherches sur des cohortes ne subissent qu'une intervention pénale (généralement une simple arrestation), puis cessent toute activité répréhensible ou, pour être plus précis, ne reviennent plus à l'attention de la police. À Philadelphie, 46% des délinquants de la cohorte étudiée par Wolfgang et ses collaborateurs (1972, p. 66) étaient des délinquants primaires. Dans les quatre cohortes analysées par l'équipe de Anne-Marie Favard (1980, p. 16), on trouvait 54% de délinquants primaires.

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