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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)192

Il lui est alors possible d'arrêter ou de ralentir (le temps de se faire oublier) avant qu'il ne soit trop tard. Encore faut-il que l'avertissement soit crédible et que le système soit relativement prévisible. Si tel juge place en institution après dix cambriolages et que tel autre réagit de cette façon dès le troisième, le coupable pourra avoir de mauvaises surprises.

Il est probable, pour ne pas dire certain, que l'information sur l'application des peines circule parmi les délinquants. Si c'est le cas, ceux-ci connaîtront le sens des messages qu'on leur envoie et le nombre de chances qu'ils ont avant que la situation ne devienne dangereuse. On peut donc supposer que l'efficacité dissuasive d'un système sera d'autant plus grande que celui-ci enverra des messages clairs et qu'il n'attendra pas que les avertissements perdent toute crédibilité avant de sanctionner. Il y aurait, par exemple, moins de récidive dans les juridictions où on punit automatiquement dès le troisième délit que dans celles où on ne commence à réagir qu'après le cinquième.

La notion de seuil pénal vient compléter celle de signaux avertisseurs. Ces derniers, pour garder leur crédibilité, doivent renvoyer à une sanction réelle. Les travaux de Murray et Cox portent à croire qu'il existe un seuil pénal qu'on peut définir comme le point à partir duquel l'intervention comporte suffisamment de contraintes pour devenir dissuasive, c'est-à-dire capable de motiver le délinquant à ralentir sa production d'infractions. La sensibilité à la peine étant variable, le seuil pénal variera donc selon les individus. Pour certains, l'arrestation, par exemple, n'a que valeur d'avertissement ; pour d'autres, elle sera vécue comme une peine. Par ailleurs, certains individus seront dissuadés par un placement en foyer de groupe, d'autres par une incarcération et, enfin, il est possible que certains restent insensibles même à cette dernière mesure. Il semble bien que l'efficacité dissuasive doive satisfaire à deux conditions : elle doit être probable et elle doit être suffisante, c'est-à-dire atteindre le seuil pénal. De ceci on peut dégager la proposition hypothétique suivante :

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