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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)195

fluctuations. On introduit ainsi une variable intermédiaire entre la certitude objective de la peine et l'activité criminelle des gens. En s'inspirant de Gibbs (1975, p. 15), la chaîne causale pourrait être représentée par ce graphique (le symbole <---> indique une relation directe et le symbole <--->, une relation inverse) :

Une éventuelle augmentation de la certitude objective de la peine ne peut avoir d'effet sur le niveau de la criminalité que si les délinquants en puissance en sont informés. On peut même penser que cette connaissance devra être d'une assez grande précision. En effet, s'il y a moins de cambriolages dans les territoires où la certitude des peines est, disons, de 10% que dans ceux où elle serait de 5%, cela suppose une information remarquablement précise chez les délinquants potentiels. Mais qui sont-ils ? Une opinion répandue chez les spécialistes est que la dissuasion générale s'adresse au grand public. Or, on sait que le citoyen moyen est très mal informé sur les questions relatives à l'application des peines. Alors comment peut-on penser que les gens sauront que dans telle ville la certitude de la peine est de 10% et qu'ailleurs elle est de 5% ? Cette invraisemblance a poussé un auteur comme Fattah (1976, pp. 82-83) à exprimer de graves réserves à propos de la théorie de la dissuasion.

Effectivement, quand le problème est posé dans ces termes, on est acculé soit à admettre qu'il est insoluble, soit à rejeter l'hypothèse de la dissuasion. Une troisième voie est cependant possible. Mais si on veut l'emprunter, il faudra au préalable trouver des réponses adéquates à trois questions :

Quelle est la population visée par la dissuasion ?

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