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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)197

Dans la troisième catégorie, nous trouvons les délinquants potentiels, les délinquants occasionnels et même les délinquants habituels capables de calculs. Ce groupe occupe une frange qui se situe entre les « honnêtes gens » d'une part, et les criminels dépourvus de tout contrôle de soi d'autre part. On y trouve les individus qui commettent des crimes de temps à autre ou qui pourraient bien en commettre si les circonstances leur paraissaient favorables. On peut y inclure des criminels professionnels qui sont constamment à l'affût de « bons coups », mais qui ne passeront à l'acte que s'ils estiment que leurs chances sont bonnes. C'est à propos de cette catégorie de gens que s'applique le dicton : « L'occasion fait le larron. »

Il est clair que ce n'est que sur cette troisième catégories d'individus que les peines peuvent avoir un effet dissuasif. Tittle (1980, pp. 262-268) a fait une observation qui devrait en convaincre le lecteur. Ce chercheur a pu démontrer que la perception de la certitude de l'arrestation a un effet dissuasif beaucoup plus grand sur les personnes qui avaient déjà commis au moins un délit dans le passé que sur celles qui n'en avaient pas commis. Ceci signifie que les délinquants - entendus comme ceux qui ont une ou plusieurs infractions à leur actif - sont plus sensibles à la menace pénale que les « honnêtes citoyens ». La loi, selon toute évidence, a donc une action spécifique. Elle n'influence que les individus qui sont fortement motivés au crime et dont les inhibitions morales sont fragiles, traits que l'on peut déduire du fait qu'ils ont déjà passé à l'acte 53.

Quel est, au sein de l'ensemble de la population, le pourcentage des gens qui ont des propensions criminelles insuffisamment contrecarrées par les contrôles extra-légaux et qui, de ce fait, sont susceptibles d'être intimidés ? Il est très difficile d'avoir une idée des ordres de grandeur en cause. Néanmoins, quelques indications seront utiles. Admettons, comme hypothèse de travail, que les gens qui commettent au moins un délit sont susceptibles d'appartenir à cette catégorie de gens intimidables et voyons quel pourcentage de la population cela représente. À Philadelphie, ville connue pour avoir

53 Ce raisonnement ne s'applique probablement pas à des délits comme les infractions au code de la route et l'évasion fiscale. Dans de tels cas, on peut supposer que les inhibitions morales sont faibles chez la plupart des citoyens.

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