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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)204

l'homicide, de 80% (Glaser, 1978, p. 87).

Mais le tableau reste incomplet si nous ne tenons pas compte aussi des risques d'incarcération ou d'institutionnalisation. Dans le cas des adolescents, la seule estimation que je connaisse est celle qu'ont faite Murray et Cox (1979, p. 142) à Chicago où la probabilité qu'une arrestation conduise à un placement en institution est de 0,6%. Quand on a ces chiffres à l'esprit, on comprend mieux le sens des réponses des délinquants qui font une estimation « optimiste » du risque d'être pris. Il est clair qu'ils ne sous-estiment pas le risque, ils en font plutôt une estimation très réaliste ; beaucoup plus que les non-délinquants qui, eux, surestiment considérablement les probabilités d'être pris 56.

Les jeunes délinquants semblent donc avoir une perception juste de la réalité. On serait même tenté de croire que pour chaque délit pris un à un ils ont une conduite rationnelle, compte tenu des risques qu'ils courent : les chances sont de leur côté. Si, par exemple, le risque objectif de l'arrestation pour un cambriolage est, disons de 20%, et si, en cas d'arrestation, d'après les estimations de Murray et Cox (1979), on a une chance sur 150 d'être placé en institution, le risque de subir une peine sévère est de un sur 750 (0,13%).

Chez les adultes, les risques d'incarcération sont nettement plus élevés et ils ont même tendance à augmenter avec l'âge. C'est du moins ce que constatent Petersilia et al. (1978, pp. 37-39) sur leur échantillon de criminels d'habitude. Au moment où ils étaient jeunes adultes, la probabilité que ces hommes soient arrêtés pour un délit qu'ils reconnaissaient avoir commis était de 6%. Par ailleurs, la proportion des arrestations qui se soldaient par une mesure d'incarcération était de 50%. Leurs risques réels d'incarcération pour un délit donné était donc de 3%. Arrivé à l'âge adulte, les risques augmentent, la probabilité de l'arrestation étant de 20% et celle de l'incarcération, de 71%. Les chances qu'un délit commis par un criminel d'habitude adulte soit sanctionné par une sentence de prison sont donc de 14%.

56 Dans un échantillon d'écoliers de Montréal, 45% des répondants croient qu'ils ont plus de 50% de chances d'être pris (BIRON et CUSSON, 1979, p. 142).

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