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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)213

terme continuellement façonné et refaçonné de processus dynamiques d'interaction sociale » (p. 26). Selon une deuxième interprétation, le processus dont il vient d'être question est ponctué de phases marquantes. C'est ainsi que Becker (1963, p. 31) pense qu'une étape cruciale dans l'étiquetage est le fait d'avoir été pris et publiquement étiqueté comme déviant. Dans cette veine, Peyre (1979, p. 54) pense qu'une première exposition au système de justice peut laisser des effets durables. « Il y a là quelque chose qui est de l'ordre d'une initiation et c'est à partir de là que le basculement peut se produire » (p. 54).

Jusqu'à quel point un premier contact avec le système pénal -l'arrestation, mais surtout la première condamnation - peut-il pousser quelqu'un à la récidive ?

Farrington et ses collaborateurs ont tenté de répondre à cette question 57. Au cours d'une recherche longitudinale, la délinquance cachée de garçons avait été mesurée par questionnaire à 14, 18 et 21 ans. Entre 14 et 18 ans, un certain nombre de garçons avaient été trouvés coupables d'un délit quelconque par le tribunal. Dans le but de savoir si cette condamnation avait eu une influence sur la délinquance révélée ultérieure des garçons qui l'avaient subie, les chercheurs réalisèrent une opération d'appariement. Les 53 garçons trouvés coupables furent appariés avec 53 autres garçons exempts de condamnation, mais qui, à 14 ans, avaient eu le même score de délinquance révélée. Résultat : les garçons qui avaient subi une condamnation avaient, à 18 ans, un score de délinquance révélée significativement plus élevé que celui de leurs camarades qui n'avaient pas connu une telle expérience. Mais on pouvait toujours soupçonner que les garçons qui avaient subi une intervention étaient de plus « mauvais risques ». Effectivement, ceux-ci possédaient, plus que les autres, certains traits permettant de prédire la délinquance. On tenta alors de contourner la difficulté en faisant des paires de garçons semblables, non seulement sur la délinquance, mais aussi sur les principaux facteurs associés à la récidive. Le résultat fut semblable à celui obtenu lors de la première comparaison : les sujets condamnés

57 Voir FARRINGTON (1977), WEST et FARRINGTON (1977) et FARRINGTON, OSBORN et WEST (1978).

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