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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)215

Une interprétation des résultats de Farrington en termes d'étiquetage doit être accueillie avec d'autant plus de réserve qu'on ne trouva aucune trace du processus d'étiquetage lorsque les jeunes qui avaient été trouvés coupables par le juge furent interrogés sur ce qu'ils avaient ressenti à l'occasion de cet événement. Sur 53 garçons rencontrés par l'équipe de Farrington, 30 affirmaient que cette expérience n'avait eu aucun effet sur eux, 16 évoquaient un effet réducteur, trois n'admettaient pas avoir été condamnés et ils n'en restait que quatre dont les réactions subjectives étaient compatibles avec un processus d'amplification de la déviance (Farrington, 1977, p. 122). Ces constatations rejoignent celles de Snyder (1971) qui avait interrogé 43 jeunes qui venaient d'être placés en probation peu de temps avant. Selon les dires de ces garçons, le sentiment dominant au cours de la comparution était la peur et ce dont 37 garçons sur 43 se souvenaient le plus, c'était le soulagement d'avoir été placés en probation plutôt qu'en institution.

L'effet de la condamnation sur l'entourage du délinquant

Dans la théorie de l'étiquetage, l'entourage immédiat est souvent considéré comme le relais entre la condamnation officielle et la déviance secondaire. Les Proches du délinquant prennent à leur compte l'étiquetage effectué par le tribunal et adoptent à l'égard du coupable toute une série d'attitudes stigmatisantes : rejet, méfiance, définitions péjoratives, etc. Est-ce que cela se passe ainsi en réalité ?

Foster, Dinitz et Reckless (1972) interrogèrent 115 garçons quelques jours après qu'il eurent été obligés de comparaître devant le tribunal de la jeunesse pour répondre d'un délit quelconque. Selon les dires de ces garçons, le contact avec le système pénal n'eut que très peu d'influence sur les gens qu'ils fréquentaient. Aucun garçon ne put percevoir de changement d'attitudes chez ses amis. 73% d'entre eux pensaient que l'attitude de leurs parents n'avait pas été affectée par l'incident. Pour la très grande majorité, ils étaient convaincus que cette expérience ne leur poserait pas de problème à l'école. Par contre, 40% de ces garçons pensaient que l'événement pourrait avoir une influence négative sur des employeurs éventuels. À en juger par les

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