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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)216

réponses de ces sujets relativement aux membres de leur famille, il semble que les parents ont une attitude déjà fixée à l'endroit de leur fils et la condamnation ne les affecte que très peu. Soit qu'au départ les parents Pensent que leur enfant est un bon garçon qui a eu une malchance momentanée, soit qu'ils le percevaient déjà comme un fauteur de trouble et, dans ce cas, l'arrestation et la condamnation ne les surprennent pas.

Récemment, Di Marino (1979) réalisait une intéressante recherche sur les réactions de l'entourage immédiat du délinquant à une condamnation. Il étudia 200 dossiers d'affaires criminelles jugées par la cour d'assise des Bouches-du-Rhône et il en retint 68 qui contenaient des renseignements sur l'attitude des familiers du délinquant.

Le fait majeur qui ressort de cette analyse est que les proches du délinquant ont beaucoup plus souvent à son endroit des réactions positives que négatives. Le fait est surprenant. Du point de vue de la théorie de l'étiquetage, on aurait dû s'attendre à des réactions massivement négatives. Cependant la sélection que Di Marino a été obligé de faire dans les dossiers risque d'avoir introduit un biais. En effet, il a été obligé d'éliminer 132 dossiers sur 200 parce qu'ils ne contenaient pas de données pertinentes. Or, il est très possible que cette absence d'information soit due précisément à une attitude négative de l'entourage immédiat du délinquant.

Quoi qu'il en soit, la nature de ces réactions positives est révélatrice. L'entourage manifeste d'abord de la surprise devant le crime : « cela ne lui ressemble pas », « rien ne laissait présager... ». On est « stupéfait » et « bouleversé » (Di Marino, p- 209-210). Puis on brosse un tableau flatteur du coupable :

« Ce n'est ni "un bandit", ni "un violent", ni un être "méchant", ni "un buveur", ni un "joueur" » (p. 217). « On lui attribue toutes sortes de qualités : il est "droit", "honnête", "équilibré", "sympathique", "affectueux", "calme", "probe", "généreux", "sérieux", "serviable", "franc", "dynamique", "réfléchi", etc. Somme toute, le déviant est présenté comme un "brave garçon", "un homme sans histoire", "un père tranquille", "un bon petit gars" » (p. 217-218).

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