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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)226

transgresseur, en l'excluant, et en l'ostracisant. Mais ces réactions sont généralement des conséquences et non des causes de la récidive : elles viennent quand le délinquant a fait la démonstration qu'il était plus intéressé à profiter du crime qu'à tenir compte de l'opinion de ses proches. Et finalement, même stigmatisante, la réaction peut avoir un effet réducteur parce qu'elle est intimidante.

En effet, on a tendance à sous-estimer l'efficacité dissuasive de l'étiquetage. Il est pourtant indiscutable qu'elle existe, comme l'a montré Brillon (1980, pp. 128-132) dans son analyse des peines infamantes et de l'ostracisme dans les sociétés africaines traditionnelles. Le mépris, le ridicule et l'exclusion y sont utilisés pour mettre un frein aux activités antisociales des villageois. Et ces mesures dissuadent bon nombre de déviants :

« Il fallait donc faire face à la honte, au blâme, à la dérision et aux moqueries. Le délinquant, se voyant dans l'obligation de se faire oublier et pardonner devait, en conséquence, adopter un comportement exemplaire qui, seul, à la longue, apportait sa réintégration sociale totale. Il devait se réhabiliter. La pression du groupe sur l'individu était d'autant plus forte qu'elle venait à la fois de sa propre famille, dont la réputation et l'honneur avaient été éclaboussés par l'agissement antisocial. Tout concourait à éviter la récidive » (Brillon, 1980, p. 131).

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