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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)237

membres du conseil qu'aux autres garçons. Alors Toto et moi pouvions voler un tas de choses et personne ne pouvait même penser que c'était nous. Parfois, quand nous prenions quelque chose et que nous craignions être découverts, nous intimidions un petit et nous le forcions à se dénoncer. Si ça allait vraiment mal, par exemple si tout l'étage était privé de jeux pour un bout de temps, nous placions le butin dans la chambre d'un autre. Alors quand les recherches commençaient, moi ou Toto le trouvions et l'occupant de la chambre avait les ennuis. Avec le temps, le superviseur de l'étage commençait à nous avoir à l'œil, mais ça ne nous arrêtait pas. Il nous suffisait de trouver de nouveaux trucs et nous en trouvions toujours. Ça allait vraiment bien et peu m'importait de savoir si je sortirais un jour de la Maison des Jeunes » (Brown, 1965, p. 60-61).

Les misérables

Il se trouve des hommes à ce point dépourvus d'amis, de famille, de ressources, à ce point misérables, que la prison leur apparaît préférable à la liberté. Elle est un refuge qui leur permet d'échapper à une vie impitoyable,

« Maintenant, quand je vais en prison, je me mets à vivre. J'y suis tout à fait chez moi. C'est le beau de l'affaire. Si tu examines bien les choses, Sonny, un type comme moi est parfaitement taillé pour la prison.

« Ça ne peut me faire du mal parce que, au départ, je n'ai jamais connu ce que les bonnes gens appellent leur foyer et toute cette merde. Alors quand je suis allé en prison la première fois, quand je suis parti pour Warwick, je me suis fait un chez moi. C'était très bien. Merde, j'ai appris à vivre. Maintenant quand je retourne an prison, où que j'aille, je connais du monde. Si je vais dans n'importe quelle prison de New York ou même dans le Jersey, je tombe sur un tas de connaissances. C'est presque comme une famille. »

« Je dis : « Oui, Reno, c'est bien qu'un gars puisse être si heureux en prison. J'imagine que tout ce que ça prend pour être heureux dans quoi que ce soit est de savoir s'accommoder de son sort dans la vie, quel qu'il soit. » (Brown, 1965, p. 412).

Il se trouve des enfants maltraités, abandonnés ou rejetés par leur parents. Il se trouve des gens qui ne peuvent prendre trois repas par jour. Il se trouve des hommes qui, hors de la prison, se trouvent absolument seuls, sans parents, sans amis. Il se trouve des êtres

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