X hits on this document

954 views

0 shares

0 downloads

0 comments

239 / 348

Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)239

de l'ennui et de la brutalité qui marque l'univers carcéral, mais ils s'y sentent moins seuls et sont moins désemparés que dans une société dont ils ne voient que l'indifférence et la dureté. Pour d'autres, plus nombreux, la sentence apparaîtra comme un mauvais moment à passer, supportable à la condition de savoir se débrouiller. Pour un troisième groupe, probablement la majorité des gens qui sont envoyés en prison, ce sera une expérience intolérable et terrifiante.

Ces variations individuelles nous fournissent peut-être une des clefs de la délinquance d'habitude. Les hommes qui s'accommodent assez bien de la vie carcérale et ceux qui ne se sentent pas plus mal en prison qu'ailleurs n'ont plus grand-chose à perdre à commettre de nouveaux crimes. Zimring et Hawkins (1973, p. 28) pensent que l'effet de la peine varie selon ce que les gens ont à perdre s'ils la subissent. Deux hypothèses qui apportent des précisions supplémentaires pourraient être ajoutées. Plus un délinquant s'accommode de la vie carcérale, plus ses risques de récidive seront élevés. Plus un délinquant préfère la liberté à la prison, moins il aura tendance à récidiver. Quand on garde à l'esprit le fait qu'il se trouve un petit nombre d'hommes pour qui la perspective de retourner en prison n'est qu'un inconvénient mineur, les récidivistes multiples perdent une partie de leur caractère énigmatique.

Document info
Document views954
Page views954
Page last viewedSat Dec 10 21:22:41 UTC 2016
Pages348
Paragraphs2523
Words106345

Comments