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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)249

Le degré de détermination de chacun est très variable. Dans certains cas, le détenu a l'intention de ne plus commettre de crime, mais il n'est pas tellement convaincu. Sa résolution ne résiste pas longtemps au test de la liberté retrouvée.

« Mon père et ma mère étaient venus me chercher, le jour de ma libération ; puis, ils m'avaient ramené dans leur nouveau logis de la rue Henri-Julien. Mes frères, mes soeurs et mes cousins m'attendaient là, tout le monde était content de me voir. Un peu comme l'histoire de l'enfant prodigue. Moi aussi, j'étais heureux. Je reprenais pied dans la vie normale et je me promettais bien de ne plus recommencer mes folies d'autrefois.

« Mais il faut croire que j'avais besoin de ça. Car, au bout de quelque temps, j'avais recommencé à fréquenter les clubs de nuit, ceux du bas de la ville où je pouvais rencontrer des gars que j'avais connus en prison. Et, en même temps, je trouvais que tout allait mal : je n'avais pas d'argent et je voulais tout avoir... Il fallait que je trouve le moyen de m'enrichir au plus vite... » (Jodoin, 1976, p. 111).

Par contre, il arrive qu'on soit en présence d'une ferme intention de cesser complètement. Celle-ci provient généralement d'une volonté bien arrêtée de ne plus jamais retourner en prison. Le délinquant réalise qu'il est devenu incapable de « faire du temps » : la vie carcérale lui est devenue intolérable.

« Je quittai l'asile pour les criminels aliénés de Dannemora par un froid matin d'hiver. J'avais des billets pour New York mais pas un sou vaillant. Parents ou amis sont censés y pourvoir. J'étais content cependant et j'ai pris la résolution, que je tiendrai cette fois, de ne jamais retourner derrière les barreaux. Je savais très bien que je ne pourrais jamais répéter une telle expérience sans devenir fou ou mourir. (...) J'ai regardé le sombre édifice et je me suis dit : « Je viens de quitter l'Enfer et je vais pelleter du charbon avant d'y retourner » (Hapgood, 1903, p. 332).

Un résultat statistique permet d'avancer que les ex-détenus qui ont pris vraiment la résolution de respecter la loi récidivent moins que les autres. Waller (1974, p. 149) constatait récemment que les détenus canadiens qui demandaient une libération conditionnelle avaient un taux de récidive de l'ordre de 30%, alors qu'il se situait autour de 50% chez ceux qui refusaient de solliciter cette forme de libération. Comment se fait-il que le simple geste de demander une

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