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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)251

Ceux qui réussissent à s'intéresser à un métier, à une activité quelconque qui les mobilise et qui peut combler le vide laissé par le crime s'en sortent assez bien. Les exemples les plus spectaculaires sont fournis par les ex-détenus qui deviennent écrivains.

« C'est ça qui m'a fait sortir de moi-même et ce qui m'a accroché et qui a fait que j'en suis sorti. J'ai trouvé cette espèce de passion pour la création littéraire. Je crois que c'est ça l'essentiel pour un garçon, même s'il a été en taule, qu'il trouve quelque chose qui le passionne presque au-delà de tout. Alors, à ce moment-là, il y a, si vous voulez, 90% du travail qui est fait... » (Mazerol, 1977, p. 252).

Il n'est pas sans intérêt de signaler ici le rôle important des pairs délinquants et des codétenus dans l'acquisition de nouveaux intérêts. C'est ainsi que Ron Le Flore qui devait devenir joueur de baseball professionnel de haut calibre le doit, en partie, à un codétenu.

« Karalla m'a dit qu'il croyait que j'avais le potentiel nécessaire pour jouer au baseball à l'échelon professionnel. Je savais que j'étais un bon athlète, mais j'avais toujours considéré le baseball comme une simple façon d'impressionner l'administration et de tuer le temps.

« Karalla a continué à travailler avec moi. Il me frappait des balles au sol et des ballons et me montrait comment glisser. Il m'a chronométré sur le champ de football : 9,6 secondes sur cent verges, là où l'herbe faisait six pouces de haut et où le sol était inégal. Il passait son temps à me répéter que je pourrais devenir un professionnel du baseball. Plus il m'en parlait, plus j'y pensais. J'ai commencé à croire que je pourrais peut-être devenir un professionnel en sortant de prison. J'ai donc commencé à regarder des parties à la télévision en essayant d'en apprendre le plus possible. En août 1971, j'ai écrit au gérant général des Tigers de Detroit, Jim Campbell, lui demandant un essai lorsque je serais libéré » (Le Flore et Hawkins, 1980, p. 111).

Le prix du crime

Mais le facteur de loin le plus important pour décider le criminel chronique de changer de voie est la prise de conscience que le prix à payer pour le crime est devenu exorbitant. Ce prix inclut : les années de prison, la déchéance, la vie de bête traquée et la mort.

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