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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)253

sentiment qu'il se frappe la tête contre un mur (Hapgood, 1903, p. 343). Ses nombreuses incarcérations aidant, il réalise qu'il lui sera impossible d'échapper au châtiment s'il continue à se consacrer au crime.

« Je ne change pas parce que j'ai maintenant le sentiment qu'il ont raison et que j'avais tort. Je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir tort et je penserai toujours qu'ils avaient tort. Mais je suis fatigué de perdre. J'ai perdu pendant longtemps. Tu ne peux les battre, alors je vais essayer de gagner selon leurs méthodes » (Irwin, 1970, p. 156).

Quand quelqu'un a déjà été condamné pour des crimes relativement graves et qu'il en commet de nouveaux, il se retrouve rapidement avec tout le monde sur le dos : ses victimes, les honnêtes gens et l'énorme appareil répressif qui n'aura de cesse tant qu'il ne sera pas à l'ombre.

« Tu peux les déjouer pendant un certain temps - je l'ai fait -, mais inévitablement tu dois perdre, tout comme j'ai perdu et je me flatte d'avoir agi avec plus d'intelligence que la plupart des criminels » (Reynolds, 1963, p. 270).

Et puis, s'il fait un peu d'introspection, le criminel persistant prend conscience qu'il porte en lui-même le principe de sa perte. Son culte du danger, son imprévoyance, ses fréquentations, ses abus, tout cela le conduit aussi certainement sous les verrous que s'il cherchait délibérément la punition.

« La « mentalité criminelle » (terme que je préfère à la philosophie du crime) fait de nous des perdants-nés. Le criminel joue son rôle comme il l'a appris, prenant une série de risques énormes pour pas grand-chose, jusqu'à ce qu'il se fasse prendre. Son ambivalence face aux valeurs bourgeoises se manifeste par le fait que, alors qu'il ne peut supporter le travail même s'il peut en trouver un, il dépense l'argent qu'il a gagné péniblement si vite et de façon si insensée qu'il est obligé de faire un nouveau coup. Comme consommateur - et il consomme à outrance - il est tape-à-l'oeil, il attire l'attention et agit de façon ostentatoire, ce qui, dans les quartiers pauvres de Noirs, l'amène à être arrêté. En tant que voleur, cependant, il est tout à fait secret, isolé et paranoïde » (Carr, 1975, p. 199).

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