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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)256

fois qu'on frappe à leur porte. Ils ont constamment l'impression d'être suivis ou surveillés.

Les criminels d'habitude sont des paranoïaques qui ont raison de l'être parce qu'il est vrai que l'univers est rempli de gens qui les détestent et veulent les voir en prison.

Cette perpétuelle insécurité et ce qui-vive constant deviennent intolérables à la longue. Le criminel est nerveux, inquiet, il dort mal, il lui arrive même de développer des ulcères d'estomac. Arrivé à ce point, il songera sérieusement à abandonner le banditisme, simplement pour retrouver la paix et la tranquillité.

La mort. - Les criminels récidivistes meurent souvent de façon violente. Certains tombent sous les balles de la police, d'autres sont poignardés par leurs codétenus, d'autres sont assassinés parce que leurs complices les soupçonnaient de délation, plusieurs meurent d'une « over dose » d'héroïne, d'autres finissent par se suicider. Ces exemples terribles peuvent, eux aussi, motiver le délinquant à ne plus pratiquer ce dangereux métier.

« Reggie Harding, qui avait fréquenté l'école secondaire Eastern à Détroit et qui a par la suite joué pour les Pistons de Détroit dans l'Association nationale de basketball, s'est retrouvé à Jackson. Occasionnellement, on jouait au basketball ensemble. Juste avant qu'il soit libéré, il m'a dit que les Bullets de Baltimore lui donnaient une chance de jouer de nouveau au basketball à l'échelon professionnel.

« Tu vas revenir dans le droit chemin ?, lui ai-je demandé.

Il m'a regardé comme si je n'avais pas à lui poser une question de ce genre. « Que veux-tu dire, avec ton : est-ce que je vais revenir dans le « droit chemin ? » m'a-t-il lancé d'un air moqueur.

« Peu après sa libération, nous avons appris qu'il se droguait de nouveau. Peu de temps plus tard, j'ai entendu dire qu'il avait été tué. Cela m'a fait réfléchir » (Le Flore et Hawkins, 1980, pp. 117-118).

Hanté par la perspective de la prison, de la déchéance et de la mort, le criminel décide de ne plus violer la loi, non parce qu'il regrette ses fautes, mais parce qu'il n'a plus le courage de s'exposer à de nouveaux

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