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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)268

Les avantages d'une activité légitime, comme un emploi, pourraient inclure : le salaire, la satisfaction au travail, l'estime des honnêtes gens, la sécurité.

Parmi les coûts de la même activité, il faut évoquer : les longues heures de travail, les activités monotones et ennuyeuses, l'obligation de se lever tôt le matin, de supporter la discipline du travail, l'autorité du patron et la compagnie de collègues avec lesquels on s'entend mal.

La notion d'opportunités légitimes (scolarité, formation professionnelle, expérience, ressources intellectuelles, relations...) est un élément indispensable dans une analyse coût-bénéfice comme celle qui est présentée ici. En effet, ce sont ces opportunités qui, pour une part essentielle, détermineront le niveau de satisfaction auquel un individu peut s'attendre dans le domaine des activités alternatives à la délinquance. Plus précisément, les opportunités légitimes rendront possible l'accès à un emploi rémunérateur et satisfaisant.

Or, il suffit de penser aux opportunités légitimes de la plupart des délinquants chroniques pour prendre conscience du fait qu'ils ont peu de chances d'obtenir un emploi bien rémunéré et intéressant à cause de leur manque de compétence, de leur inexpérience et de leurs antécédents judiciaires. De ce fait, l'option non-criminelle est rarement très attrayante : salaire minable, conditions de travail pénibles, activité répétitive et peu stimulante. Si par ailleurs, le crime leur apporte suffisamment de gratifications, certains seront prêts à accepter les risques de la prison. C'est le prix qu'ils acceptent de payer pour mener la vie qu'ils aiment (King et Chambliss, 1972, p. X). Certains sont d'ailleurs prêts à payer fort cher les avantages que leur procure le crime

« La prison est un risque du métier, c'est un de ceux que je suis prêt à prendre. Je jouerais volontiers le tiers de ma vie en prison aussi longtemps que je pourrai vivre comme je l'entends les deux autres tiers. Après tout c'est ma vie, et c'est mon sentiment là-dessus. L'alternative - la perspective de végéter pour le reste de mes jours dans un travail stable, sautant dans le 8.13 le matin pour aller bosser ; puis le 5.50 pour revenir. Tout ça pour dix ou quinze livres sterling par semaine - ça, ça me terrifie vraiment, bien plus que la perspective de quelques années de prison » (Parker et Allerton,

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